Le piégeage de masse est une méthode de lutte physique consistant à capturer les moustiques adultes au moyen de pièges attractifs disposés sur un périmètre défini autour d’une zone habitée à protéger.

Piégeage

Une méthode de lutte physique

Par piégeage, on entend ici la capture physique des moustiques femelles au stade adulte à deux moments précis de leur cycle gonotrophique :

  • soit pendant la période d’agressivité des moustiques, en recherche active d’hôte pour le repas sanguin. Dans ce cas, le piège à femelles agressives, constitué d’un système d’aspiration, attire et capture les femelles moustiques au moyen d’un attractif plus ou moins spécifique (CO2 et/ou attractifs chimiques).
  • soit lors de la recherche d’un gîte de ponte. Dans ce cas, le piège à femelles gravides, aussi appelé piège-pondoir ou piège à oviposition, simule un gîte de ponte très attractif (contient de l’eau infusée dans de la matière végétale), emprisonne et tue les femelles ayant piqué et en recherche de gîtes de ponte.

Deux stratégies de piégeage peuvent être envisagées, pouvant, le cas échéant, être combinées :

  • l’une, dite en barrière ou périphérique, est destinée à protéger une zone habitée d’incursions de moustiques exogènes, issus de biotopes larvaires ou de zones de repos de moustiques adultes plus ou moins proches de la zone à protéger, mais en dehors du périmètre de protection. C’est notamment le cas des moustiques ruraux (par exemple, Aedes caspius, Aedes vexans) se développant dans les marais rétro-littoraux ou fluvio-lacustres à submersions temporaires et pouvant migrer parfois massivement vers les zones habitées.
  • l’autre, dite en réseau ou en maillage, permet de capturer des moustiques se développant au sein même de la zone habitée et dont les larves se développent dans des gîtes hors sol et de petite ou moyenne dimension, majoritairement anthropiques. C’est le cas des Aedes stégomyiens. Pour être efficace, selon la configuration du territoire, cette stratégie devra être mise en œuvre dans le domaine privé comme dans le domaine public.

Ces deux méthodes sont expérimentées par l’EID-Med depuis 2013.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le piégeage en barrière

Le piégeage en barrière est proposé en complément de la stratégie de lutte antilarvaire au Bti. Les pièges utilisés permettent d’attirer les femelles de moustiques en recherche d’hôtes à piquer. La lumière étant peu efficace et non sélective des moustiques, c’est le dioxyde de carbone (CO2) qui est utilisé, complété d’autres substances chimiques ou d’origine naturelle, parfois en combinaison. Selon le cas, en fonction notamment du nombre de pièges utilisés, une diminution de la nuisance ressentie au droit des zones habitées, plus particulièrement les campings, a pu être enregistrée. Cette méthode de lutte implique nécessairement la collaboration des propriétaires ou des gérants des habitations ou des établissements recevant du public, que l’on souhaite ainsi protéger.

Un projet d’expérimentation d’une protection par piégeage en barrière sur une partie du territoire de la Camargue est envisagé, en collaboration avec le Parc naturel régional de Camargue, la ville d’Arles, l’IRD (institut de recherche pour le développement) et le Conseil départemental des Bouches-du-Rhône.

Au gré des sollicitations des fabricants ou de manière proactive, l’EID-Med poursuit par ailleurs l’évaluation de l’efficacité et de la sélectivité de la plupart des modèles commerciaux de pièges et de nouveaux prototypes.

Le piégeage en réseau (le projet “Vectrap”)

L’utilisation massive de pièges dans la lutte contre les Aedes stégomyiens a fait l’objet de plusieurs études dans le monde au cours de ces cinq dernières années. Ces études, dont les résultats ont été publiés, portent tout autant sur les pièges capturant des moustiques adultes en recherche d’hôte (Degener et al. 2014 ; Engelbrecht et al. 2015 ; Akhoundi et al. 2018) que ceux attirant les femelles gravides (Barrera et al. 2014, Johnson et al. 2017). Une réduction importante de la densité des moustiques Aedes associée à une réduction de la prévalence des arboviroses a même été démontrée à Porto-Rico (Lorenzi et al. 2016, Barrera et al. 2019, Sharp et al. 2019). Plus récent, un essai a montré l’importance de l’implication des citoyens dans la mise en œuvre de ces stratégies, notamment avec des pièges à femelles gravides BG-GAT (Johnson et al. 2018).