Depuis la mi-décembre, le littoral méditerranéen connaît un épisode hivernal exceptionnellement pluvieux. Entre mi- décembre 2025 et fin février 2026, il a été enregistré jusqu’à 550 mm de pluie. Fréquemment accompagnées de vents marins soutenus favorisant les remontées marines et lagunaires, ces conditions ont entraîné plusieurs épisodes de submersion, installant durablement des niveaux d’eau élevés sur les zones humides littorales.
Cette situation est d’autant plus exceptionnelle qu’elle est généralisée à l’ensemble du littoral des 5 départements sur lesquels s’opère la mission de contrôle de la nuisance liée aux moustiques communs assurée par l’EID Méditerranée.
Dans ce contexte, les surfaces mises en eau ont été particulièrement étendues. Ainsi, près de 6 000 hectares ont été prospectés positivement entre janvier et février 2026. L’ampleur et la persistance de ces inondations ont favorisé des éclosions généralisées d’Aedes detritus, espèce halophile commune caractéristique des zones temporairement inondées.
Cette situation hydrologique a eu des répercussions opérationnelles directes. La saturation prolongée des sols et l’allongement marqué des délais de ressuyage ont fortement contraint les opérations de prospections et la portance insuffisante des terrains n’a pas permis l’engagement des engins dans des conditions satisfaisantes de sécurité et d’efficacité, limitant la mise en œuvre des actions en régie.
Un peu plus de 2800 ha de zones humides caractérisées comme enjeux prioritaires ont pu être traités à ce jour avec une efficacité satisfaisante. 46 % de ces surfaces ont été traités par avion et 54 % par les moyens terrestres en régie.
Malgré ces interventions, des émergences de moustiques adultes – en nombre incomparable avec ce qui résulterait de l’absence de traitements – se produisent au gré des températures douces.
En effet, aux facteurs hydriques exceptionnels et autres tempêtes, s’ajoute une composante thermique favorable. Février 2026 s’est distingué par une douceur remarquable : selon les données climatologiques nationales, février 2026 se classe au troisième rang des mois de février les plus doux depuis 100 ans. Ces conditions sont particulièrement propices au développement larvaire et à l’activité des femelles d’Aedes detritus. Dotée d’une forte capacité de dispersion de plusieurs kilomètres vers l’intérieur des terres depuis ses gîtes larvaires, cette espèce est susceptible de générer dans le temps et progressivement des nuisances sur des territoires différents.