Les bulletins opérationnels sont la résultante des constats de terrain (prospections). En fonction des conditions de mise en eau des zones humides littorales, il est possible d’extrapoler le risque de nuisances potentielles imputables aux moustiques issus de ces milieux naturels. Les relevés effectués permettent ensuite de caractériser ces nuisances ressenties dans les zones agglomérées situées dans l’emprise de la dispersion des insectes piqueurs.

Météo « moustiques »

02.03.2026 au 08.03.2026

Depuis la mi-décembre, le littoral méditerranéen connaît un épisode hivernal exceptionnellement pluvieux. Entre mi- décembre 2025 et fin février 2026, il a été enregistré jusqu’à 550 mm de pluie. Fréquemment accompagnées de vents marins soutenus favorisant les remontées marines et lagunaires, ces conditions ont entraîné plusieurs épisodes de submersion, installant durablement des niveaux d’eau élevés sur les zones humides littorales.

Cette situation est d’autant plus exceptionnelle qu’elle est généralisée à l’ensemble du littoral des 5 départements sur lesquels s’opère la mission de contrôle de la nuisance liée aux moustiques communs assurée par l’EID Méditerranée.

Dans ce contexte, les surfaces mises en eau ont été particulièrement étendues. Ainsi, près de 6 000 hectares ont été prospectés positivement entre janvier et février 2026. L’ampleur et la persistance de ces inondations ont favorisé des éclosions généralisées d’Aedes detritus, espèce halophile commune caractéristique des zones temporairement inondées.

Cette situation hydrologique a eu des répercussions opérationnelles directes. La saturation prolongée des sols et l’allongement marqué des délais de ressuyage ont fortement contraint les opérations de prospections et la portance insuffisante des terrains n’a pas permis l’engagement des engins dans des conditions satisfaisantes de sécurité et d’efficacité, limitant la mise en œuvre des actions en régie.

Un peu plus de 2800 ha de zones humides caractérisées comme enjeux prioritaires ont pu être traités à ce jour avec une efficacité satisfaisante. 46 % de ces surfaces ont été traités par avion et 54 % par les moyens terrestres en régie.

Malgré ces interventions, des émergences de moustiques adultes – en nombre incomparable avec ce qui résulterait de l’absence de traitements – se produisent au gré des températures douces.

En effet, aux facteurs hydriques exceptionnels et autres tempêtes, s’ajoute une composante thermique favorable. Février 2026 s’est distingué par une douceur remarquable : selon les données climatologiques nationales, février 2026 se classe au troisième rang des mois de février les plus doux depuis 100 ans. Ces conditions sont particulièrement propices au développement larvaire et à l’activité des femelles d’Aedes detritus. Dotée d’une forte capacité de dispersion de plusieurs kilomètres vers l’intérieur des terres depuis ses gîtes larvaires, cette espèce est susceptible de générer dans le temps et progressivement des nuisances sur des territoires différents.

Prévisions à compter du 2 mars 2026

La présence de ces générations hivernales d’Aedes detritus qui émergent devrait se concentrer principalement au mois de mars. Leur nuisance devraient être atténuée par les vents de terre, des températures assez froides, et les giboulées.

Même s’il est prévu une nouvelle perturbation dans les jours prochains jours, cette situation hivernale exceptionnelle ne saurait en rien préfigurer la suite de l’année (printemps et été) en matière de risque de nuisance liées aux moustiques communs issus des zones humides.

Bouches-du-Rhône

A l’instar de tous les départements littoraux, la fin d’année 2025 et le début d’année 2026 sont inédits en pluviométrie avec des maxi relevés avoisinant 500 mm comme à Port Saint Louis. Il convient de rajouter à ces fortes pluies des coups de mer violents à répétition.

Dans ce département, près de 700 ha de zones humides ont été positifs depuis le début de l’année 2026. 280 ha ont pu être traités, dont 71 % par voie terrestre et 29 % par avions. Les évaluations (captures sur appâts humains) montrent une présence croissante moyenne à forte de moustiques selon les lieux notamment à l’embouchure du Grand-Rhône et dans une moindre mesure à Saint Chamas et Miramas.

Le risque de nuisance pour les prochains jours dépendra des conditions météorologiques, a priori variables, mais ce risque reste particulièrement élevé à l’embouchure du Grand-Rhône.

Gard

Les précipitations atteignent un cumul de 500 mm depuis mi-décembre corrélées aux vents de mer. Les surfaces positives avoisinaient 1 400 ha, dont 1 100 ha liés à la pluie. Certains gîtes ont été rendus inaccessibles par la hauteur d’eau. Les traitements démarrés fin janvier ont concerné 900 ha, dont 480 ha en terrestre, le reste en avion. Globalement, au regard des conditions compliquées, les résultats apparaissent plutôt satisfaisants. A ce jour, l’évaluation de la nuisance (captures sur appâts humains) fait montre d’une nuisance moyenne sur plusieurs communes contrôlées, Aigues-Mortes, Vauvert, Saint-Gilles et le Grau du Roi, et dans une moindre mesure sur Saint-Laurent d’Aigouze, Bellegarde et Beaucaire. Le pic le plus significatif a été relevé localement au Le-Grau-du-Roi et à Port Camargue, sur les secteurs de la plaine, du petit Mazet et du Phare de l’Espiguette.

Hérault

Les cumuls de pluie entre décembre et février atteignent jusqu’à 550 mm auxquels il faut rajouter des entrées maritimes conséquentes, ce qui a engendré des niveaux d’eau exceptionnels et donc de fortes éclosions d’Aedes detritus. Entre janvier et février, environ 2000 ha de zones humides ont été recensés positifs, dont près de 1350 ha prioritaires qui ont pu être traités par des moyens avions (44%) et terrestres (66%). La présence de moustiques adultes se fait ressentir de manière diffuse sur l’ensemble du littoral héraultais, avec une intensité variable selon les secteurs et l’historique des mises en eau et des traitements.

Le risque de nuisance devrait encore augmenter mais le ressenti dépendra des conditions météorologiques des prochains jours. Les territoires de Vic-La-Gardiole, La Grande-Motte, Palavas-les-Flots, et Villeneuve-les-Maguelone semblent pour le moment les plus exposés.

Aude

Depuis la fin du mois de décembre, il a été enregistré à ce jour à l’agence de l’EID à Narbonne un cumul de précipitations d’env. 450 mm. Accompagnés de vents de mer, les niveaux d’eau sont montés très hauts dans les zones humides ne rendant pas possible immédiatement leur accès. Les accès ont été encore plus pénalisés par le passage de la tempête NILS. Au cours des mois de janvier et février, 800 ha de zones humides ont été recensées positifs et 300 ha prioritaires ont été traités. Les évaluations (captures sur appâts humains) montrent un niveau des populations d’Aedes detritus adultes croissant hors agglomérations dans des massifs tels que La Clape, Fontfroide ou encore dans les Corbières-Maritimes. Lors des belles journées, ces moustiques peuvent se manifester, comme par exemple à La Franqui (Leucate) ou à Montplaisir (Narbonne). A ce jour, le niveau de risque sur le littoral pour les prochains jours reste tributaire d’une météo a priori moins favorable.

Pyrénées-Orientales

Près de 500 mm de pluie enregistrés depuis décembre 2025 associés à des vents marins forts et répétés. Ces évènements climatiques d’ampleur ont submergé l’ensemble des gîtes potentiels et provoqué des éclosions larvaires d’Aedes detritus massive, sur env 900 ha. Avec en plus les périodes de tempêtes, les actions ont été rendues complexes, car les zones humides sont restées inaccessibles Seules quelques bordures ont été traitées par voie terrestre. Suite aux évaluations (captures sur appâts humains), des nuisances sont observées sur les territoires communaux situés en bordure de zones humides de l’étang de Salses ou de Leucate, de l’étang de Canet ou de Saint-Nazaire et du Bourdigou à Torreilles. Les émergences de moustiques adultes ne sont pas encore totales et le niveau des populations d’Aedes detritus va augmenter et possiblement le risque de nuisance lors de journées clémentes.

Risque de nuisance semaine du 2 mars sur la zone d'action  02/03/2026 - 08/03/2026