Météo « moustiques »

01.04.2024 à 07.04.2024

Situation semaine précédente :

En ce qui concerne la nuisance avérée due aux moustiques issus des zones humides temporaires, au sens large, on observe quelques situations isolées sur le littoral, imputables aux moustiques hivernaux, principalement en dehors des zones agglomérées.

Après une première décade du mois de mars riche en coups de mer et précipitations tombées essentiellement à l’est de Montpellier et ayant entraîné une superficie cumulée traitée en zones humides de plus de 4 900 hectares, avec globalement de bons résultats, est survenu l’épisode méditerranéen du 26 mars, renforcé de forts coups de mer durant le week-end  pascal, comme rarement vu en cette période. Les niveaux d’eau sont très élevés, rendant les accès et l’appréciation des densités larvaires compliqués. 

Au cours de la semaine 13, près de 950 hectares ont été traités en zones humides, portant le total annuel provisoire à plus de 7 400 hectares, la moyenne 2019-2024 se situant à la moitié à pareille date.

 Les irrigations des terres ont démarré en ce mois de mars et concernent 9 % des superficies d’éclosions.

Prévisions pour la semaine du 1er avril :

Compte tenu d’une météo clémente telle que prévue certains jours de la semaine à venir, des nuisances résiduelles dues aux Aedes « ruraux » pourront se faire sentir, principalement en dehors des zones urbanisées, et toucheront certains quartiers périphériques, notamment au cours des après-midis.

Les interventions se poursuivent en zones humides, avec du personnel mobilisé y compris le 1er avril, et quelque 550 hectares ont été traités ce jour-là, par voies aérienne et terrestre. Au long de la semaine, les équipes de l’EID Méditerranée et les prestataires sont mobilisés sur le terrain pour faire face à cet épisode majeur.

Situation par département :

Cartes de risque de nuisance à venir disponibles pour chaque département.

Bouches-du-Rhône : On observe des moustiques Aedes detritus qui viennent piquer dans l’après-midi, quand la météo leur est favorable, notamment sur les quartiers qui se trouvent à proximité des zones naturelles (Berre-l’Étang, Saint-Chamas, Port-Saint-Louis-du-Rhône, Arles).

Les marais littoraux ont encore subi une grosse mise en eau. Depuis les derniers traitements, certains marais avaient séché et ce nouvel emplein va de nouveau nécessiter des interventions à l’embouchure du Grand-Rhône et autour de l’étang de Berre. En sus des mises en eau naturelles (pluie et coups de mer), le Rhône subit pour la deuxième fois cette année une crue significative. Des traitements sont prévus au cours de la semaine, en fonction des fenêtres météorologiques.

Gard : Les épisodes cévenols se succèdent, créant un risque d’éclosions d’œufs en zones humides et, progressivement, des émergences résiduelles à venir dans le courant du mois d’avril. À ce jour, la météo défavorable (vent fort et températures relativement basses) limite le ressenti de nuisance, malgré la présence ponctuelle d’Aedes « ruraux » à proximité du Grau-du-Roi ou d’Aigues-Mortes. La  succession de mises en eau, les 3, 9 et finalement 26 mars (près de 70 mm au Grau-du-Roi) a provoqué la submersion d’une grande partie du territoire littoral et justifié d’importants traitements aériens et terrestres. Plus au nord, les crues du Vistre ont largement inondé les prés, qui font l’objet d’un suivi car la répétition de ces niveaux très élevés n’entraîne pas nécessairement un risque croissant d’éclosions de moustiques. Il est néanmoins probable que la présence des Aedes ruraux adultes soit sensible aux meilleurs jours d’avril. Il conviendra également de suivre les migrations depuis les territoires non démoustiqués. Le cumul pourrait potentiellement accroître le risque de nuisance sur le littoral au mois d’avril.

Les traitements se poursuivent cette semaine sur les zones humides et devront s’accommoder d’un nouvel épisode de vent fort, annoncé pour ce week-end et les quelques jours suivants.

Hérault Est / Hérault Ouest : Quelques moustiques d’Aedes spp adultes sont présents sur le littoral ici et là, de façon plus marquée à certains endroits, comme dans les pinèdes de La Grande-Motte, et qui peuvent se déplacer vers certains quartiers, en ville. À Vic-la-Gardiole, on note une présence toujours avérée d’Aedes detritus adultes (génération de sortie d’hiver). À Villeneuve-lès-Maguelone et Frontignan, quelques Aedes des marais sont encore récalcitrants, sans risque fort de nuisance en milieu urbain pour le moment. Les forts coups de mer de la semaine écoulée ont entraîné des éclosions sur plusieurs centaines d’hectares. Dès ce lundi 1er avril, les opérations terrestres et aériennes ont été enclenchées.

Selon la direction des vents et les journées clémentes, les risques de nuisance peuvent se renforcer à certains endroits du littoral, comme à Maurin et aux Marestelles, à Mauguio, sur l’aéroport-même et ses alentours (Fréjorgues et Vauguières).

Aude : Suite aux éclosions d’œufs dAedes detritus survenues en zones humides à compter du 9 mars, les traitements engagés ont eu une bonne efficacité globale sur une superficie cumulée conséquente, en deux semaines, de près de 900 hectares. Il en résulte néanmoins une présence diffuse de moustiques adultes, principalement localisée hors agglomération, en plaine et en garrigue, milieux de repos très recherchés par Aedes detritus, qui longent les zones humides audoises. Dans les plaines agricoles et viticoles, les mises en eau se succèdent dans les vignes et les larves présentes requièrent déjà des interventions à l’aide de Quads et par avion, à Marseillette. Depuis mardi 26 mars, de nouvelles submersions se sont produites et ont été aggravées le 30 mars sous l’influence des vents marins, rendant compliqué la pénétration du bio-insecticide dans les zones humides. Des nouvelles prospections et des nouveaux traitements ont été réalisés à compter du 28 mars et poursuivis le 1er avril, et le seront tous les jours suivants par tous modes d’épandage, en adéquation avec les enjeux N2000.

Pyrénées-Orientales : Un très fort coup de mer, le 26 mars, a inondé l’ensemble de zones humides sur le pourtour de l’étang de Salses, le Bourdigou, à Torreilles, et l’étang de Canet. Les précipitations ont été limitées : moins de 10 mm. Un autre coup de mer a eu lieu le week-end de Pâques, avec pour conséquences des niveaux très hauts et des difficultés d’accès à certaines zones humides. Les traitements ont commencé le lundi de Pâques sur l’étang de Salses et vont se poursuivre à partir de ce mardi sur le pourtour de l’étang de Canet et en hélicoptère sur l’ensemble des zones humides littorales. Compte tenu des surfaces à traiter dans un temps très limité et des densités larvaires observées, des risques de nuisances seront possibles dans les communes situées en bordure de zones humides. Les évaluations des résultats des traitements qui seront réalisées ces prochains jours apporteront davantage de précisions.

Météo "moustiques"   01/04/2024 - 07/04/2024