Recherche et développement

Les activités R & D

Depuis son origine, l’EID Méditerranée dispose de laboratoires dédiés à la recherche et au développement permettant d’assurer le support scientifique nécessaire à la mise en œuvre d’une stratégie de lutte intégrée respectueuse de l’environnement.

L’organisation interne de la direction technique de l’EID-Med inclue étroitement la coordination opérationnelle pour répondre à un besoin de convergence de ces compétences et d’harmonisation des moyens afférents, plus en rapport avec les évolutions technologiques, environnementales, réglementaires et sociétales.

Les objectifs et les compétences de la direction technique sont les suivants :

  • Développer les connaissances sur la taxonomie, la biologie et l’écologie des espèces cibles et non cibles et sur les milieux propices à leur développement, notamment par la mise en place de réseaux de veille entomologique basés sur l’utilisation de différentes techniques de piégeage ;
  • Optimiser globalement les techniques de contrôle et l’ensemble des méthodes et outils nécessaires à l’accomplissement des opérations de démoustication et de LAV en proposant des alternatives, et notamment des biocides plus efficaces et les moins préjudiciables pour la santé humaine et l’environnement ;
  • Développer et mettre en œuvre des méthodes et des procédures d’évaluation permanente de l’efficacité des opérations en termes de réduction de la nuisance afin de les améliorer, d’en réduire les effets éventuels et, dans la mesure du possible, le coût ;
  • Développer et mettre en œuvre des méthodes et des procédures d’évaluation permanente des effets non intentionnels de ces opérations sur l’environnement et de la biodiversité des milieux démoustiqués afin de mieux les préserver.

Pour atteindre ces objectifs, la direction technique s’appuie sur une démarche scientifique basée sur des protocoles validés, des expérimentations en laboratoire et sur le terrain préalablement à la mise en application à l’échelle opérationnelle. L’obtention en juillet 2009 par l’EID Méditerranée d’une certification ISO9001 - version 2008 conforte la volonté de l’organisme d’améliorer en permanence la qualité de ses services. 

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La mission centrale de la direction technique est d’optimiser les opérations de contrôle des moustiques nuisants sur le littoral méditerranéen. Sa situation privilégiée et son rôle d’interface avec les activités opérationnelles permet d’expérimenter et de valider in situ des méthodes de lutte, de suivi et d’évaluations alternatives.

Une bonne partie des moyens est ainsi consacrée à la lutte sensu lato en évaluant, notamment au travers de prestation d’essais pour des tiers privés ou publics, l’efficacité biologique et la sélectivité des biocides destinés à la lutte contre les moustiques en France métropolitaine et en Europe et répondant aux critères de la directive 98/8/CE.

  • La réémergence du Virus du West Nile le long du littoral méditerranéen (Petite Camargue 2000, Fréjus 2003, Pyrénées Orientales, 2005) et l’introduction dès 1999 d’Aedes albopictus vecteur compétent d’arboviroses tropicales a conduit l’EID-Med à s’investir depuis le début des années 2000, missionné par le Ministère de la Santé, dans la surveillance entomologique des espèces à risque.
  • Participation active au Plan antidissémination du chikungunya et de la dengue en métropole (cf. Instruction n°DGS/RI1/2013/182 du 30 avril 2013 mettant à jour les modalités de sa mise en œuvre) implique notamment la gestion de plus de 1000 pondoirs-pièges sur l’ensemble de l’hexagone s’appuyant sur la collaboration et la coordination des agences opérationnelles décentralisées mais aussi du réseau des autres opérateurs impliqués. Dans les départements classés en Niveau I du Plan, là où la présence de cette espèce est avérée, la réalisation des opérations de LAV autour des cas introduits suspects ou confirmées de chikungunya ou de dengue depuis 2006 et des premiers cas autochtones en 2010 est également supervisée par le personnel de la direction technique.
  • Evaluation permanente de l’efficience et des effets environnementaux non intentionnels des opérations à tout niveau est une des préoccupations majeures des opérateurs. La direction technique, en étroite collaboration avec des institutions de recherche et ses partenaires de l’ADEGE, participe à la validation et la mise en œuvre des bonnes pratiques, des méthodes de suivi (traçabilité) et de mesures d’indicateurs pertinents permettant une analyse rétrospective et prospective de la stratégie. Une surveillance active des effets non intentionnels éventuels des opérations de lutte sur le milieu vivant basée sur des méthodologies normalisées est réalisée en routine à l’échelle opérationnelle. Sans cesse optimisée, ces méthodologies sont issues de collaboration étroite entre la direction technique et des institutions de recherche (INRA, Université de Marseille).

L’ensemble de ces démarches, indissociables de toute stratégie de contrôle intégrée, s’appuie notamment sur des projets nationaux (PNETOX, CES) ou européens tels le programme LIFE environnement (projet LIFE99 ENV/F/000489, 1999-2003), le programme LIFE+ (LIFE08 ENV/F/000488, 2010-2013, en cours) et le programme-cadre de recherche et de développement (Framework programme FP6 « EDEN », FP7 « EDENext », FP7 « Denguetools ») dont l’EID Méditerranée est bénéficiaire partenaire voire, dans le cas des projets LIFE, le coordinateur.

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Compétences en expertise scientifique

Les chercheurs et techniciens de la direction technique participent à de nombreux comités d’expertise collégiale au niveau national (Ministère de la santé, MEDDE, DGAL, AFSSAPS, ANSES) ou international (WHOPES, ECDC, EMCA) en relation avec les moustiques, la LAV, ou les maladies à vecteurs, sur les thèmes suivants : surveillance des vecteurs en Europe, virus du West-Nile, Dengue, chikungunya, lutte antivectorielle, utilisation de répulsifs, insecticides en démoustication et lutte antivectorielle, importations de vecteurs, etc.

La direction technique de l’EID Méditerranée est également un des quatre laboratoires associés également constituant le Comité technique du Centre National d’Expertise sur les Vecteurs (CNEV) basé à Montpellier, ceci aux côtés du CIRAD (UMR Contrôle des Maladies Animales Exotiques et Emergentes (CMAEE), de l’EHESP et de l’IRD (UMR MIVEGEC), qui en assure la coordination.

Créé le 10 octobre 2010 en réponse à l’appel à candidature l’Agence Nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail (Anses), le CNEV a pour ambition d’être une structure multidisciplinaire permettant de mobiliser rapidement et efficacement l’ensemble des compétences dans les domaines opérationnels et stratégiques, ainsi qu’en matière de réflexion et proposition sur la lutte antivectorielle en France. Des expertises collégiales ont été menées à ce jour sur la résistance aux insecticides, la problématique Aedes albopictus, les Culicoides et la taxonomie.

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Compétences en enseignement

Plusieurs personnels de la direction technique prestent des cours spécialisés dans les universités (Montpellier, Perpignan, Aix-Marseille). Accueil de nombreux stagiaires Master I et II et ingénieur de différentes écoles, IUP et universités et de thèses de troisième cycle en co-direction. Collaboration au Cours Institut Pasteur-IRD “Arthropodes vecteurs et santé humaine”, au Module d’entomologie médicale de l’IRD, à la formation d’initiation à l’entomologie médicale de l’IMTSSA. Co-animation des formations des agents de démoustication et de LAV sous l’égide de l’ADEGE (encadrées par le CNFPT).

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Compétences dans l'animation scientifique

Organisation du Colloque de restitution du projet LIFE99 ENV/F/000489, Montpellier le 31 mars 2006.

Organisation de la Journée de tables rondes sur le changement climatique et les conséquences sur les maladies émergentes, sous l’égide des associations ADEGE et EDEN et de l’IRD, Montpellier le 15 mai 2001.

Co-organisation avec l’IRD et le CIRAD de la 18th European SOciety of Vector Ecology (E-SOVE) Conference à Montpellier, les 08-11 octobre 2012.

Co-organisation avec les partenaires du projet du colloque de restitution finale du projet LIFE08 ENV/F/000488, à Montpellier, les 23 et 24 octobre 2013.

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Laboratoires et équipements

Les laboratoires de la Direction technique occupent une surface totale de 850 m² répartis sur deux niveaux du bâtiment principal de la Direction régionale de l’EID Méditerranée, sise 165, rue Paul Rimbaud, 34184 Montpellier. Ces laboratoires comprennent un laboratoire dit « conventionnel » et un laboratoire dit « confiné ».

Le laboratoire conventionnel couvre environ 750 m² de locaux totalement réhabilités en 2004, en tenant compte des contraintes de chaque activité et des nécessaires relations entre elles et notamment des échanges nécessaires avec le terrain au travers des essais et des enquêtes de tout genre.

Outre les bureaux rassemblés à l’étage, ce laboratoire dispose de plusieurs salles spécifiquement dédiées à l’entomologie (matériel optique microscopes, loupes binoculaires, matériel vidéo, salle de collection climatisée), la biologie (tri d’échantillons biotiques, extraction d’œufs), aux analyses physico-chimiques (caractérisation des milieux, granulométrie, analyses centésimales, spectro-fluorimètre, manipulation de produits chimiques sous Sorbonne), à la bactériologie (caractérisation des souches bactériennes par étalement, hotte à flux laminaire, autoclave, préparation des milieux de culture).

Les tests et essais biologiques sont réalisés dans quatre salles distinctes : une salle pour les biotests type OMS, une salle pour les tests d’écotoxicité sur taxons représentatifs issus d’élevage ou du terrain (immobilisation sur daphnies, chironomes, grillons,…) et deux salles de tests ambiants (activité intrinsèque, glass chamber, tests résiduels ou répulsifs) dont une avec température et humidité programmable), une salle d’aquarium avec trois chambres photopériodiques.

Quatre insectariums permettent de maintenir en élevage des souches de référence (Aedes aegypti souche Bora Bora, Culex quinquefasciatus souche SLAB) et des populations issues du terrain (Ae. (Ochlerotatus) caspius, Ae. (Oc.) detritus, Cx. pipiens molestus, autres). Des cobayes, indispensables pour assurer les repas sanguins des espèces anautogènes, sont maintenus dans une animalerie répondant aux exigences d’un établissement d’expérimentation animale. Plusieurs salles sont affectées aux activités supports : salle de conservation (réfrigérateurs et congélateurs), salles de stockage (consommables, produits chimiques, matériels de laboratoire et matériels de terrain), atelier, laverie, buanderie et sanitaires. Les bureaux sont exclus de l’enceinte du laboratoire proprement dit, un sas les séparant de ce dernier.

Plus récent (le 20 octobre 2010) et couvrant une surface de 75 m², le laboratoire confiné est rattaché au précédent mais présente cette fois un niveau de sécurité équivalent à un laboratoire P2. Il est destiné à l’hébergement de Culicidés d’origine tropicale potentiellement vecteurs d’arbovirus, en l’occurrence Ae. Albopictus ou encore Ochlerotatus japonicus et permet d’assurer le confinement de ces espèces dans le périmètre stricte du laboratoire. Il dispose de quatre salles de tests d’une surface totale de 40 m², de deux insectariums équipés de sas couvrant au total 25 m² et d’une nouvelle animalerie de 10 m². L’accès à ce laboratoire est strictement réservé aux seuls personnels habilités et se fait par un sas équipé d’une douche à air suivi d’un sas froid à 4°C.

Ce deuxième laboratoire confiné a bénéficié de l’appui financier du Conseil régional Languedoc-Roussillon dans le cadre du Contrat Plan Etat Région (CPER 2007-2013) car il s’intègre dans le « Réseau Montpelliérain Vecteurs et Maladies Emergentes". Cette plateforme peut être mise à la disposition, en fonction des besoins, des cinq établissements signataires de la convention partenariale à savoir l’IRD, le CIRAD, l’Université Montpellier II, l’INRA et l’EID Méditerranée.

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Système Qualité
La direction technique de l’EID-Med, à l’instar de l’ensemble de l’EID Méditerranée et de ses huit agences opérationnelles décentralisées, est certifié ISO 9001 - Version 2008 depuis le 21 juillet 2009. L’animalerie bénéficie d’un numéro d’agrément pour établissement d’expérimentation animale (n°34-241) et quatre agents disposent d’autorisation d’expérimenter (1 agent Niveau I et trois agents Niveau II).

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