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07 Novembre 2017
Santé

Lutte antivectorielle (LAV) - Le président de l’ADF interpelle le gouvernement

Constatant la poursuite inexorable de l’extension du « moustique tigre » et son implantation irréversible en France métropolitaine, le président de l’assemblée des Départements de France (ADF), Dominique Bussereau, ancien ministre, président du conseil départemental de Charente-Maritime, a adressé fin septembre un courrier au ministre de l’Intérieur, posant la question du financement de la sécurité sanitaire en France et en appelant à une implication de l’État.

À terme, tout le pays sera colonisé

Le président de l’ADF relaie une préoccupation de plus en plus partagée par ses collègues présidents de Départements, à mesure que le « moustique tigre » investit de nouveaux territoires. 33 départements sont concernés en 2017, et probablement une demi-douzaine de plus en 2018. À plus ou moins long (ou… court) terme, la quasi-totalité du pays sera colonisée, ainsi que la plupart des autres pays européens. Or ce moustique, outre qu’il est fort nuisant, est vecteur potentiel de maladies telles que le chikungunya, la dengue ou le Zika. Et la situation actuelle veut que la loi « libertés et responsabilités locales », datant de 2004, alors que l’insecte était inconnu de tous à l’époque, décentralise auprès des Départements la charge de la lutte antivectorielle, c’est-à-dire des traitements insecticides lorsque des cas suspects ou avérés, importés ou autochtones de ces maladies sont identifiés dans des lieux où le « moustique tigre » vecteur est présent.

Pour un nouveau cadre de financement

Pour le président de l’ADF, il s’agit « d’anticiper la gestion d’une crise sanitaire en s’assurant que les moyens de lutte qui seront mobilisés sont réellement opérationnels », c’est-à-dire assez nombreux et disponibles compte tenu de la dimension de plus en plus vaste des territoires à couvrir. Or en regard de cette préoccupation, le transfert de ressources accompagnant traditionnellement toute charge supplémentaire dévolue par l’État aux collectivités est ici égal à… zéro, puisque cette compétence de lutte antivectorielle répond à une situation totalement nouvelle et que rien dans ce registre ne préexistait nulle part. Il n’y a donc aucune compensation. Aussi, notant que les Départements sont « particulièrement contraints par le financement des allocations individuelles de solidarité et les baisses de dotations », le président de l’ADF estime que la lutte contre le « moustique tigre » « ne peut reposer sur les seules finances départementales » et plaide donc avec insistance auprès du Ministre pour « un nouveau cadre d’intervention pour [son] financement ».