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07 Novembre 2017
Communication

Enquête - Ça commence à rentrer

L’analyse scientifique de l'enquête sociologique administrée, selon un protocole défini par le LPED (Laboratoire Population, Environnement et Développement), à l'Université d'Aix-Marseille, par les VSC (volontaires du service civique) recrutés par l’EID-Med, lors de visites en porte-à-porte, l’année dernière, a fait apparaître d'utiles résultats. À partir de 1 404 questionnaires remplis en « Temps 1 » (T1) puis de 571 en « Temps 2 » (T2), un échantillonnage a pu être constitué (voir encadré).

Gênés ou pas gênés ?

L’évaluation ainsi effectuée a porté sur les connaissances des résidents : mise en œuvre des gestes de prévention et efficacité en termes de réduction effective des gîtes larvaires. Ils ont aussi été interrogés sur leurs connaissances et leurs attentes relatives aux politiques de démoustication (confort et lutte antivectorielle / LAV). Première thématique : la gêne. Au début de la saison, tant que le « tigre » n’est pas encore très audible, près de la moitié des interviewés (47 %) se dit « pas du tout gênée » et 33 % ne confessent qu’une gêne légère. En cours ou fin de saison, l’évolution est logiquement perceptible : les « pas gênés du tout » ne sont plus que 16 % et les « gênés » et « très gênés » passent de 19 à 46 %. Mais le fait qu’en début de saison, les compteurs redeviennent positifs laisse penser que le sentiment de gêne n’est pas durable et relève de la mémoire courte plutôt que de la mémoire longue. Un point qui méritera d’être approfondi.
 
 

Chez le voisin ?

Dans la plupart des enquêtes antérieures, la source du problème « moustique tigre » est souvent vue chez… le voisin. Ou, en tout cas, ailleurs que chez soi. Mais dans l’étude EID / LPED de 2016, « dans ma maison » arrive en tête, aussi bien en T1 qu’en T2 (48 puis 30,5 % des répondants), faiblement, il est vrai, devant « chez mon voisin » (45 %), les « espaces naturels » proches (42,4 %) puis « le réseau public d’eaux usées » (20,3 %). À noter qu’en T2, au milieu ou à la fin de la saison des nuisances, un doute survient, qui fait passer « ne sait pas » devant toutes les autres réponses (à plus de 45 %), les autres étant toutes en forte baisse.
 

Le « tigre » au top

Personne ne sera surpris que l’échantillon connaisse massivement le « moustique tigre » (97,9 %). Pour autant, l’inquiétude sanitaire est mesurée, puisque moins de la moitié des répondants (44 %) redoute une épidémie éventuelle. Pour se protéger, les lotions et sprays sont très en haut de la liste des solutions personnelles (voir histogrammes), en T1 comme en T2 (31 puis 51 %), attestant que les moustiques en général et les « tigres » en particulier sont des moteurs pour l’industrie et le commerce… Une concurrence redoutable faite aux messages préventifs. Pourtant, 87% de l’échantillon dès le T1 et 91 % en T2 disent surveiller leurs espaces ouverts (jardins, cours, balcons) et les réceptacles qui s’y trouvent dispersés. Et, plus en détail, ils indiquent avoir « vidé », « rangé » et/ou « jeté » dans des proportions allant de 71 à 83 % en T1 et de 73 à 91 % en T2 ! Mais ils ont nettement moins curé ou entretenu (de 7 à 39 %). Un bémol, toutefois : il s’agit de déclarations. Une confrontation à une vérification sur site, de visu, en T2, montre que du discours (fût-il sincère) à la pratique, il y a parfois comme un fossé…
 
 
               

Encore du boulot !

Côté « messages », c’est vider les eaux stagnantes qui est le conseil le plus retenu (60 %) : ça tombe bien, c’est l'un des points centraux de la ligne de communication « albopictus ». Mais dès lors que ces messages entrent dans le détail des gestes à produire, les scores végètent (entre 1 et 7 % !), selon qu’on vante l’entretien des piscines, la garniture des soucoupes avec du sable, la pose de moustiquaires ou la ventilation… Il y a encore du boulot ! Enfin, sur le plan opérationnel, si un petit quart des répondants sait que sa commune est démoustiquée, plus de 30 % pensent qu’il n’en est rien, le reste ne sachant pas. Consolation : parmi ceux qui savent, ils sont plus de 94 % à connaître l’EID-Med. Moralité, l’établissement gagne à être connu…
 
 

Fiche technique de l’enquête

Cette enquête a été conduite sous l’égide de Cécilia Claeys, du LPED (Laboratoire Population Environnement Développemet), à l’Université d’Aix-Marseille, qui a établi le protocole de questionnements et effectué l’analyse scientifique des résultats. Les questions ont été administrées par les VSC de l'EID Med sur une partie des « communes pilotes albopictus » : Saint-André, Canohès et deux quartiers de Perpignan (66), Combaillaux, Jacou et La Grande-Motte (34). En deux temps (T1 et T2) : en début de saison puis, en repasse, en milieu et fin de saison. Pour pouvoir comparer. Les inactifs et retraités se sont trouvés quelque peu surreprésentés, en raison des horaires de passage, principalement en journée.