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06 Novembre 2017
Santé

« Moustique tigre » - L’épisode varois sous contrôle

L’épisode de transmission autochtone de chikungunya dans le Var (voir Newsletter n° 24), terminé depuis fin octobre, s’est étendu sur près de trois mois. Pour autant, sans doute grâce au dispositif antivectoriel mis en œuvre, 17 cas (seulement) ont été identifiés, répartis sur deux communes : Le Cannet-des-Maures et Taradeau. Moins de dix séquences de ce type (chikungunya et dengue réunis) se sont déclarées depuis la première identification du vecteur, le « moustique tigre » Aedes albopictus, en 2004. Chaque fois, la situation a été maîtrisée, à l’issue de traitements localisés.

 
Un seul cas « index »

Un premier cas signalé par l’ARS (agence régionale de santé) PACA, le 9 août, puis trois autres cas, la semaine suivante, ont suffi à faire déclencher par le Ministère le niveau 2 puis le niveau 3 du plan national antidissémination du chikungunya (qui en compte 5). Au final, ce sont 17 cas qui ont été recensés, tous découlant d’un seul cas « index », identifié au Canet-des-Maures. On a craint qu’il y ait un second foyer, en raison de quelques cas repérés un peu plus tard dans une autre commune, Taradeau, distante d’une dizaine de kilomètres à vol d’oiseau. Mais les analyses ont démontré que l’origine du virus contracté par ces personnes était identique à celle du virus observé chez les cas antérieurs canétois. Ce qui a évité un passage en niveau 4 du plan national, situation jamais connue jusqu’ici. Sur le plan opérationnel, cette séquence varoise aura nécessité, du 9 août à fin octobre, une centaine d'enquêtes entomologiques et 23 traitements antivectoriels, commandés et financés par la collectivité compétente, le conseil départemental du Var (*). Elle a mobilisé des personnels de l'agence EID du Canet-des-Maures, ainsi que de celle de Nice et du siège, à Montpellier.

 
(*) Quand l’ARS identifie un cas suspect importé de dengue, de chikungunya ou de Zika, à partir de remontées de médecins de ville et hospitaliers, elle le signale au conseil départemental concerné, qui a la charge de l’organisation et du financement de la lutte antivectorielle sur son territoire (loi du 13 août 2004, relative aux libertés et responsabilités locales). Celui-ci mandate alors son opérateur (ici, en l'occurence, l'EID Méditerranée), pour procéder aux interventions adéquates (enquêtes entomo et traitements).
 

Un cru moyen quantitativement 

Pas d’épidémies de dengue, de chikungunya ou de Zika, cette année, dans les collectivités et territoires d’outre-mer français : c’est ce qui explique probablement que, malgré l’extension géographique continue du « moustique tigre » vecteur en France métropolitaine, le nombre d’interventions « LAV » (de lutte antivectorielle), enquêtes et traitements, s’est trouvé en retrait par rapport à leur nombre en 2016 (épidémie de Zika en Amérique du sud et centrale et dans les collectivités françaises d’Antilles / Guyane) et 2015 (épidémie de dengue en Guyane). Les déplacements fréquents entre nos territoires ultramarins, où ces virus sont présents de manière endémique, et la métropole favorisent par là-même leur circulation.
 

En 2017, concernant les 14 Départements conventionnés avec l’EID Méditerranée pour la LAV (sur les 33 classés en « niveau 1 », c’est-à-dire où le « moustique tigre » est réputé installé), 158 cas suspects ont été signalés jusqu’à présent par les ARS, justifiant 491 enquêtes entomologiques et 108 traitements insecticides à la mi-octobre, soit un tiers du nombre de cas signalés en 2016 (ce qui s’explique par le fait qu’aucune épidémie d’envergure n’a eu lieu cette année dans les territoires français ultramarins, voir ci-dessus). Des chiffres qui ne devraient pas beaucoup bouger, puisque nous sommes à la fin de la saison du moustique, qui est en cours de diapause (hibernation). Le bilan définitif à l’échelle du pays sera fait à l’occasion des réunions annuelles de « retour d’expériences » organisées à l’intersaison par la DGS et les ARS concernées.