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06 Septembre 2016
Santé

Projet - Interactions à la loupe

L’EID Méditerranée participe au projet « Prolitensan », financé par la Fondation de France et l’OMS (Organisation mondiale de la santé - programme TDR pour la recherche sur les maladies tropicales), associant chercheurs et opérateurs de LAV (lutte antivectorielle). Cette équipe interinstitutionnelle a développé un protocole analysant les interactions entre facteurs entomologiques, écologiques et sociologiques concourant à l’exposition accrue des populations humaines à Aedes albopictus (le « moustique tigre ») et à Aedes aegypti (qui sévit en zone tropicale), vecteurs potentiels du chikungunya, de la dengue et du Zika.

Des similitudes par-delà les spécificités territoriales

Un focus comparatif entre métropole et Antilles a été fait sur les espaces urbains. Des relevés entomologiques, des inventaires de la végétation et des entretiens sociologiques ont été effectués sur un échantillon de 160 maisons avec jardin. Des processus communs se dégagent, par-delà les spécificités territoriales. Les jardins à la végétation dense sont davantage propices à la présence de gîtes larvaires et de moustiques adultes. Il en est de même pour ceux pourvus de bassins, piscines ou vasques et ceux dotés de systèmes de récupération d'eau pluviale : logique !  L'influence des pratiques et des représentations sociales des habitants est aussi à souligner. Par exemple, les personnes ayant été touchées par la dengue ou le chikungunya tendent à être plus vigilantes que les autres, en termes de LAV, tandis que les habitants qui sont persuadés de ne pas avoir de moustiques vecteurs dans leur jardin sont, en fait, ceux qui en abritent le plus !

Habitat durable antivectoriel

Deux catégories de gîtes larvaires ont été identifiées : gîtes comportementaux et gîtes structurels. Face aux gîtes comportementaux, lorsqu’ils perdurent, par méconnaissance des gestes à accomplir ou par leur mauvaise application voire par le refus de les réaliser (car ce serait à l’« autorité » d’agir ou au voisin de bien se tenir...) et aux gîtes structurels, liés à la conception du bâti ou à l’inobservance des réglementations en vigueur, l'équipe scientifique du projet préconise la définition, l'institutionnalisation et la diffusion d'un « habitat durable et antivectoriel ». Il s’agit d'intégrer la prévention dès la conception du bâti et du jardin puis à toutes les étapes infléchissant les choix et pratiques des habitants, prolongeant et affinant en cela les premières préconisations formulées par l'équipe de sociologues dans le cadre du projet « Integrated mosquito control management » (IMCM), qu’a conduit l’EID Méditerranée avec ses partenaires de l’ADEGE (agence nationale pour la démoustication) de 2010 à 2013, au titre du programme européen LIFE+ (www.lifeplusmoustique.eu).

À la manœuvre

L’équipe scientifique et technique, coordonnée par la sociologue Cecilia Claeys, est constituée par le Laboratoire Population Environnement (LPED) de l’Université d’Aix-Marseille, l’OMS, l’Institut Pasteur de Guadeloupe, les services de démoustication de Martinique (CT / ARS) et de Guadeloupe (ARS) et l’EID Méditerranée.

  • „Pour en lire plus :

Claeys C, Robles C, Bertaudiere-Montes V, Deschamps-Cottin M, Megnifo HT, Pelagie-Moutenda R, Jeannin C, Sonor F, Dollin C, Sense M, Bravet P, Weill L, Demerrisse C, Mazurek H, Arrhegini L, Etienne M, Yebakima A, Gustave J, Fouque F. Socio ecological factors contributing to the exposure of human populations to mosquito bites that transmit dengue fever, chikungunya and zika viruses: a comparison between mainland France and the French Antilles. Environ Risque Sante 2016; 15: 318-325.