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02 Juin 2016
Moustique tigre

« Moustique tigre » - Il y a carte et carte

Comme chaque année, le plan national antidissémination du chikungunya et de la dengue a été réactivé le 1er mai par le ministère de la Santé. Au fur et à mesure, entre mai et juin, les comités de pilotage se réunissent département par département. Et le Ministère et/ou les ARS (agences régionales de santé) communiquent, aux niveaux national et régional, car à partir de cette date, tout cas suspect de chikungunya, de dengue et, désormais, de Zika, peut justifier des enquêtes entomologiques et, si la présence du vecteur est constatée, un ou plusieurs traitements antivectoriels. Focus sur la carte d’implantation du « moustique tigre ».

Version « hard »

S’agissant de l’implantation actuelle du « moustique tigre », selon le critère retenu pour l’établissement des cartes la transcrivant, il faut savoir les relativiser. Une première carte de France métropolitaine (ci-contre), établie sur la base du plan national antidissémination du chikungunya et de la dengue, traduit le fait que dès qu’un territoire (fût-il le seul et très petit) est réputé accueillir irrémédiablement quelques « moustiques tigres », le Ministère classe la totalité du département de son ressort en « niveau 1 » du plan antidissémination (*). Ainsi, 30 départements apparaissent-ils, sans nuance, en rouge vif et 18 autres en orange (« niveau 0b », correspondant à une simple détection de moustique sans installation définitive).

Version « soft »

Mais si on regarde une autre carte de France métropolitaine, figurant, elle, la stricte réalité géographique du « moustique tigre », avec un degré de finesse commune par commune, c’est une vision objectivement plus light qui apparaît. Bon, quand on réexaminera cette carte dans 5 ou 10 ans, peut-être la réalité aura-t-elle rattrapé la fiction. Mais le « moustique tigre » est déjà suffisamment enquiquinant aujourd’hui pour ne pas le faire croire plus présent qu’il ne l’est effectivement.

(*) Cela s’explique par le fait que dès qu’un territoire, même isolé et très petit, est réputé abriter pour la première fois ce moustique, un dispositif de démoustication (dit de « lutte antivectorielle / LAV) doit être mis en place pour le cas où, sur ce territoire, viendrait à être identifié un cas importé de dengue, de chik ou de Zika. Or ce dispositif est, de par la loi, à la charge du conseil départemental et doit être encadré par un arrêté préfectoral. C’est donc mécaniquement tout le territoire relevant de la compétence du conseil départemental qui est classé ipso facto en « niveau 1 », d’autant que le « moustique tigre » va probablement s’y étendre.

www.moustiquetigre.org