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21 Mars 2016
Moustique tigre

« Moustiques tigres » - Chauve qui peut

Peut-on compter sur les chauves-souris pour lutter contre le « moustique tigre » ? Il a été lu dans la presse qu’une commune du sud-ouest de la France a installé une centaine d’abris à chauves-souris pour lutter contre le « moustique tigre ». Pour l’équipe entomologique de l’EID-Med, il ne faut pas s’attendre, sur ce moyen, à des miracles.

Pas la même altitude

D’abord, il faut savoir que les chauves-souris ne sont pas toutes insectivores. L’espèce la plus fréquente dans nos régions, en milieu urbain, est la « Pipistrelle commune », qui fait bien partie, elle, des insectivores. Elle sort en moyenne entre 5 et 35 minutes après le coucher du soleil et son vol se situe entre 2 et 10 mètres d’altitude : des caractéristiques qui font que le « moustique tigre » ne pourra…  jamais croiser son chemin ! En effet, la femelle « moustique tigre » pique en fin de journée (avant le coucher de soleil, donc) et évolue à hauteur d’Homme (à moins de 2 mètres, donc). En fait, la Pipistrelle consomme principalement des lépidoptères, qui constituent des proies plus grosses et grasses à capturer, et des chironomes, qui sont des insectes attirés par la lumière de l’éclairage et au vol malhabile les rendant vulnérables.

1 % de leur bol alimentaire

Selon Martin Tuttle, expert mondial en chauves-souris, les moustiques représentent environ 1 % de leur bol alimentaire. En Camargue, où les moustiques sont très nombreux, le bol alimentaire desdites chauves-souris contient en moyenne entre 3 et 10 % de diptères : un cocktail de chironomes, de mouches, de moustiques, etc. Sous couvert d’une expérimentation en laboratoire, il a été établi qu’une chauve-souris lâchée dans un insectarium à moustiques mange 10 moustiques par minute, soit 600 moustiques par heure et près de 5 000 en une nuit (d’une durée de 8 heures). Mais, comme l’indique le chercheur, cette expérimentation est biaisée puisque dans ce cas de laboratoire, la chauve-souris ne dispose que d’une seule source d’alimentation. Et puis son estomac a lui aussi ses limites !

www.moustiquetigre.org

« Truc » imparable, ou pas ?

Des citrons (verts, de préférence) plantés de clous de girofle, c’est le « truc » antimoustiques signalé par un de nos correspondants. Réaction de Christophe Lagneau, directeur R&D de l’EID-Med : à tester en conditions de laboratoire. Mais l’effet sera probablement marginal et il y a quelques doutes sur la fiabilité de la méthode comme protection individuelle. À ranger au rayon des recettes à base de géranium, de citronnelle et autres plantes répulsives. Si ça ne fait pas de bien, ça ne fait pas de mal…