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10 Juillet 2015
Moustique tigre

« Moustique tigre » et maladies - Pas d’alerte particulière en 2015

« Alerte », « alarme », « vigilance » sont des mots répandus, s’adressant au « moustique tigre ». Celui-ci, nouvellement apparu dans de nombreux territoires, particulièrement au sud de la France, est certes un nuisant et un vecteur potentiel du chikungunya et de la dengue. Mais pour autant, en cette saison 2015, il n’y a pas d’alerte particulière. Et même s’il convient d’être tout le temps attentif aux situations favorables à la prolifération de l’insecte, afin de s’en prémunir, il ne s’agit pas de dramatiser et d’alarmer à outrance. Et d’accoler à nos régions une image de pays de fièvre qu’elles ne sont absolument pas !

Des traitements contenus

Les autorités sanitaires de l’État communiquent traditionnellement, en mai et juin de chaque année, au moment où le « moustique tigre » sort de diapause (hivernation). Il s’agit, pour le ministère de la Santé (DGS) et les agences régionales (ARS), de signifier la remise en route du plan national « antidissémination du chikungunya et de la dengue ». L’an dernier, une grande épidémie de chikungunya aux Antilles et en Guyane, départements ultramarins français ayant beaucoup d’échanges avec la métropole, a eu une incidence sur le nombre de traitements « antivectoriels » réalisés en France métropolitaine (voir plus bas). Mais en 2015, cette épidémie a cessé et le nombre de traitements devrait être contenu.

Les virus ne sont pas présents en permanence en métropole

Les virus de la dengue et du chikungunya ne sont pas présents sur le territoire français métropolitain de façon permanente (endémique), comme c’est le cas dans les zones tropicales et intertropicales. Ils peuvent être introduits sporadiquement et ponctuellement par des voyageurs infectés dans ces zones de circulation (outre-mer). Mais dans ce cas, le plan national antidissémination de la dengue et du chikungunya, mis en œuvre par le ministère de la Santé depuis 2006, et les traitements prévus dans ce cadre, financés par les Départements, sont une réponse efficace.

Un plan de lutte antivectorielle (LAV) efficace

Il s’agit de surveiller des cas importés et de réaliser des traitements autour de ceux-ci, uniquement si le « moustique tigre » est présent, afin de casser les chaînes de transmissions vectorielles de façon très précoce. Ce plan, exemplaire au niveau mondial par son caractère préventif, a démontré son efficacité, au vu du très faible nombre de cas autochtones (personnes infectées sans avoir voyagé) observés à ce jour.

L’EID Méditerranée à la manœuvre

Ainsi, les onze cas de chikungnya autochtone identifiés en 2014 dans un quartier de Montpellier doivent être regardés comme un foyer unique, qui a été endigué par les traitements antivectoriels réalisés par l’EID Méditerranée. À l’échelle de la dizaine de départements où est installé le « moustique tigre » et que suit l’EID-Med, 145 traitements dits de « LAV » ont permis d’éviter toute transmission. Ce nombre assez élevé, l’an dernier, a été la conséquence de la forte épidémie de chikungunya dans les Antilles et en Guyane (régions avec lesquelles beaucoup d’échanges existent avec la métropole), épidémie qui a désormais cessé.

www.moustiquetigre.org

 

Rouge - orange - jaune - vert…

Ce ne sont pas les couleurs d’un nouveau drapeau national mais celles de la carte de France, représentée par un site web intitulé « Vigilance Moustiques », associé à une marque de produits insecticides, censé indiquer des niveaux d’« alerte » liés à la présence du « moustique tigre » et qui en fait une communication intense. Or seuls les départements classés en rouge (« moustique tigre » implanté) correspondent aux identifications réalisées par le réseau officiel de veille (bien que ces départements ne soient pas tous entièrement colonisés, parfois loin de là). Ensuite des départements sont coloriés en orange, alors que si le moustique y a été aperçu très ponctuellement, l’espèce n'y est pas installée. La Seine-et-Marne, par exemple, est intégralement orangée, alors qu’une seule détection y a été observée, chez un importateur de pneus, immédiatement suivie d’une élimination, ne justifiant donc aucun fléchage particulier. Quant aux départements figurant en jaune, ce sont ceux qui accueillent simplement des pièges sentinelles (près de 3 000 au total), négatifs à ce jour, et qui ne méritent donc pas, eux non plus, une distinction quelconque. Mais il est vrai que si on enlève de cette carte le jaune et l'orangé et si on nuance le rouge uniforme, elle est beaucoup moins « sexy »…