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09 Juillet 2015
Opérationnel

Explications - Vague de nuisances « résiduelles »

Pluies exceptionnelles à la mi-juin et fortes éclosions

Précipitations exceptionnelles à cette période de l’année, entre les 12 et 14 juin (il faut remonter à plus de vingt ans en arrière pour trouver un phénomène de cette ampleur en juin), entrées maritimes, températures élevées : plus de 80 % des œufs de moustiques du genre Aedes présents sur le sol ont éclos dès le 12 juin. Les interventions de l’EID-Med ont réduit nettement les densités de larves très importantes, mais deux facteurs expliquent les nuisances ressenties par endroits : le fait de ne plus disposer que d’un seul larvicide, pas pleinement efficace en toutes circonstances, sans complément ni possibilité de rattrapage en milieu naturel, et les forts vents de terre immédiatement consécutifs à cet épisode, qui ont limité voire carrément empêché les traitements aériens. Peu ou prou, tous les secteurs de la zone d’action de l’EID Méditerranée, depuis l’étang de Berre jusqu’à la frontière espagnole, ont été concernés.

Vents perturbateurs et un seul larvicide disponible

Face à ces importantes superficies d’éclosions de larves de moustiques, l’EID Méditerranée a planifié des traitements dès le 14 juin, et les jours qui ont suivi, jusqu’au 19 juin. Cette réactivité était d’autant plus nécessaire que les températures élevées ont accéléré le développement des larves. Au total, sur toute la zone d’action, 4 500 hectares de zones humides ont été traités en 6 jours, mais, dans cette même période, les vents de terre ont soufflé sans relâche, fortement par endroits, empêchant certains traitements par voie aérienne ou perturbant leur efficacité.

Ainsi, nombre de parcelles devant être traitées en mode aérien ont dû l’être par voie terrestre (chenillés, amphibies, quads). Malgré une mobilisation importante des services opérationnels de l’EID-Med, le rendement des engins au sol est sans comparaison avec celui des moyens aériens. C’est pourquoi les traitements ont été étalés sur toute la semaine et, à partir du 17 juin, ont concerné des stades larvaires âgés, moins sensibles au bioinsecticide appliqué (le Bti), seule substance larvicide à disposition des opérateurs de démoustication depuis 2006.                                                                          

Ainsi, des émergences de moustiques adultes de l’espèce autochtone Aedes caspius se sont produites sur d’importantes surfaces. Les contrôles d’efficacité des traitements ont acté une proportion de larves mortes globalement élevée, mais par rapport aux fortes densités larvaires initiales, le niveau des populations de moustiques adultes « rescapés » a généré, par endroits, des nuisances résiduelles, pouvant être ressenties comme intenses là où elles sont survenues.

Migration de moustiques depuis la Camargue non démoustiquée

En outre, il est à signaler que la zone littorale du Gard (Grau-du-Roi) et de l’Hérault (Grande-Motte, Mauguio-Carnon) est affectée par des migrations de moustiques issus des secteurs non démoustiqués de la grande Camargue.

 

Recours ponctuel à des « anti-adultes »

Sur la base des évaluations réalisées par les agents opérationnels de l’EID Méditerranée, conformément à la réglementation et aux arrêtés préfectoraux en vigueur, des traitements par voie terrestre contre les moustiques à l’état adulte ont pu être proposés ponctuellement, de façon ultime et raisonnée (*). Ce recours ne peut être mis en œuvre qu’en zones urbaine et périurbaine, en respectant rigoureusement certaines conditions et en tenant compte du risque de résistance des moustiques au produit autorisé à cet effet, la deltaméthrine (un produit utilisé pour les traitements antivectoriels, en santé publique). Des traitements « adulticides » qui, lorsqu’ils peuvent être mis en œuvre, ont , concernant la nuisance, une efficacité spatiale et temporelle limitée, le produit n’ayant pas de rémanence (persistance). Préalablement à toute intervention de ce type, l’EID Méditerranée est entrée en contact avec les conseils départementaux et les communes concernés pour obtenir leur accord, conformément à l’arrêté préfectoral.

(*) à Narbonne, les 25 et 26 juin, à Palavas-les-Flots et au Grau-du-Roi, le 26 juin, à Port-Saint-Louis-du-Rhône, le 27 juin, à Gruissan, Sigean et Port-la-Nouvelle, le 28 juin.