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03 Novembre 2014
Chikungunya / Dengue

Moustique tigre - Le chikungunya a fini par arriver

Le chikungunya se sera signalé dans une posture autochtone en France métropolitaine, au cours de cette saison 2014. Et il l'a fait à Montpellier, pas très loin du siège de l’EID-Med... Mais pas de relation de cause à effet. Ce foyer aura justifié le classement par le ministère de la Santé de l’Hérault en niveau 3 du plan national antidissémination du chikungunya et de la dengue.

Ni antillais ni guyanais

Et bien qu’on s’attendait à des transmissions autochtones de chik cette année, ici ou là, ces 4 cas, tous identifiés au même endroit et dans la même famille (et rejoints par quelques autres, voir article), n’ont pas de rapport avec l’épidémie de chikungunya aux Antilles et en Guyane. L’ARS (agence régionale de santé) Languedoc-Roussillon a voulu éviter toute stigmatisation en ne révélant pas l’origine du cas index, mais comme il ne vient ni d’Europe ni des Amériques, il reste l’Afrique, l’Asie ou l’Océanie… Ce qui n’a de toute façon pas d’incidence particulière sur la situation montpelliéraine.

Sur trois semaines

La question qui se pose consiste à savoir comment il se fait que quatre membres d’une même famille ont contracté sur place cette maladie, sur une période assez étendue (trois semaines). L’explication se trouve dans un commentaire produit par le directeur de la santé publique de l’ARS L-R, lors de la conférence de presse organisée le 21 octobre (photo), à savoir que cette affection, bien que trés désagréable et momentanément handicapante, est bénigne, si bien que les trois premiers cas ont continué à vaquer à leurs occupations et n’ont pas consulté. C’est le quatrième qui, étant diagnostiqué par son médecin, a suscité une analyse sanguine familiale, qui a démontré ou confirmé les quatre cas.

Aux quatre coins de la ville

Le problème, c’est que ces cas ont eu le temps, à eux quatre, durant leurs virémies successives, de se faire piquer à leur tour par des Aedes albopictus aux... quatre coins de la ville, qu’ils ont parcourue dans les grandes largeurs. Et on sait le «moustique tigre » répandu dans un peu tous les quartiers de Montpellier. Les enquêtes entomologiques effectuées depuis lors ont conduit à l’organisation de pas moins de 9 traitements de lutte antivectorielle (LAV), en trois jours, dans des secteurs très variés de la ville (quartiers Cévennes, Hôpitaux / Facultés, centre-ville…). 

La presse mesurée

La couverture de cet épisode a été importante en nombre d’articles et de sujets et mesurée dans les contenus, comme pour les quatre cas de dengue qui se sont produits précédemment en région PACA, en août et septembre derniers. Les propos du directeur adjoint de l’ARS, Dominique Keller, du Docteur Broche, en charge des alertes sanitaires, du président de l’EID-Med, Christian Jean, du directeur technique, Didier Moulis, et de Gregory L’Ambert, entomologiste EID, ont permis de situer l’épisode à son juste (et assez modeste) niveau sur l’échelle de la gravité. Il est vrai que comparer ces quelques cas avec l’envergure des épidémies antillaise et guyanaise actuelles ou réunionnaise de 2006 (par ailleurs impossible dans nos régions tempérées, comme l’ont indiqué les représentants de l’ARS) ou avec d’autres affections virales autrement plus graves serait indécent. 

Lutte communautaire

Enfin, cette séquence aiguë de fin de saison a mis en lumière l’importance de la « lutte communautaire » et de la communication préventive, qui en est l’épicentre. Dans ce domaine, l’EID Méditerranée a développé concrètement, en une demi-douzaine d’années, depuis les Alpes-Maritimes jusqu’en Languedoc, une somme conséquente de dispositifs internes et externes, d’outils, de messages, de supports, d’actions - et aussi de l’expérience de terrain -, dont l’ordonnancement dans un document stratégique est programmé pour la fin de la présente année, prêt à être diligenté dès le début de la saison prochaine, dans le courant du printemps. Sachant que le « livre », c’est bien mais que la faisabilité concrète, c’est mieux !

www.albopictusLR.org

www.ars.languedocroussillon.sante.fr/Moustique.120609.0html