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01 Septembre 2014
Chikungunya / Dengue

Dengue autochtone dans le Var

Une grosse semaine après, on peut dire que l’impact du premier cas de transmission vectorielle autochtone de l’année par Aedes albopictus – de dengue, en l’occurrence – est resté très modéré. Pour autant, ce cas laisse interrogateur. En effet, tout laissait penser que tôt ou tard, on rencontrerait plutôt des cas de chikungunya, en raison de l’épidémie qui s’exprime, depuis plusieurs mois, dans les départements français des Antilles et en Guyane. Or, malgré les milliers de nouveaux cas hebdomadaires (voir ci-dessous) qui se déclarent là-bas, pour l’instant pas une seule transmission autochtone de chik n’a été enregistrée en France métropolitaine. Et à Toulon, c’est une dengue qui a été diagnostiquée. La personne concernée, résidant sur place et qui n’avait voyagé nulle part dans la période précédente, a pu transiter par plusieurs lieux, à Toulon et dans le Var, au moment de sa virémie et avant que les symptômes ne la bloquent chez elle. Conformément au plan antidissémination du chik et de la dengue (que le ministère de la Santé a haussé en niveau 2 dans tout le Var), la procédure de traitement de LAV (lutte antivectorielle) a été déclenchée, là où la personne a résidé et transité. Une phase opérationnelle qui s’est révélée efficace.

 

Y aura-t-il (aussi) du chik autochtone en 2014 ? Si le risque de survenue de chikungunya autochtone est indexé sur le nombre de cas enregistrés en Martinique, en Guadeloupe et en Guyane, à raison des échanges fréquents entre ces territoires et la métropole, on ne devrait pas passer l’année sans rencontrer quelques situations de ce type. Cela posé, force est de constater qu’à ce jour, aucun cas autochtone n’a été identifié dans l’hexagone et en Corse, alors que, d’une part, l’épidémie sévit dans les DOM d’Amérique depuis février / mars, avec des pics dès la mi-avril. Si un reflux sensible de nouveaux cas a été observé en Martinique et en Guadeloupe, depuis cinq à six semaines, l’épidémie n’y est pas pour autant terminée : en effet, une reprise de la hausse, qu’on espère légère, y est enregistrée depuis une semaine, alors qu’en Guyane, il y a une nette appréciation des chiffres. Du 1er janvier au 10 août, près de 140 000 cas « cliniquement évocateurs » sont passés, là-bas, par les cabinets médicaux : 59 400 en Martinique, 75 400 en Guadeloupe et 2 200 en Guyane (sources : ARS locales et InVS).