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14 Juillet 2014
Moustique tigre

« Moustique tigre » et maladies vectorielles - Une "tension" à gérer

La mise en œuvre de traitements de lutte antivectorielle (LAV), affectée par les conseils généraux à l’opérateur EID Méditerranée, n’est pas anecdotique. Avec l’extension géographique toujours plus forte du « moustique tigre » Aedes albopictus, la possibilité est grande, sur la demande des agences régionales de santé (ARS), de voir croître dans des proportions équivalentes le nombre de ces interventions sur l’aire d’action de l’EID Méditerranée, désormais constituée  par 10 départements (voir la carte) sur les 18 actuellement concernés en France métropolitaine*.

Faire face à une forte activité

Quand, de surcroît, un paramètre supplémentaire, tel que l’actuelle épidémie de chikungunya aux Antilles françaises et en Guyane, vient renforcer ce risque, et si en résultent, en sus, des transmissions autochtones** (un peu, beaucoup, à la folie, pas du tout ?...), il y a une perspective de tension de l’activité des services de l’opérateur de démoustication (l’EID-Med, en l’occurrence), opérationnels comme centraux. Dans cette situation exceptionnelle, l’EID-Med devra adopter, le temps qu’elle durera, un fonctionnement particulier permettant d’y faire face.

Mobilisation particulière

Sur le plan de la lutte opérationnelle, pour l’EID-Med, cette tension pourrait apparaître avant même des transmissions autochtones ou une éventuelle épidémie. Car ce sont des critères de ressources, de moyens et d’organisation qui déterminent une telle situation. Et la multiplication des traitements LAV sur la simple base de cas suspects importés de chikungunya, déjà sensiblement plus nombreux que l’an dernier à pareille époque, peut suffire à mobiliser l’opérateur de démoustication à un niveau élevé de sa capacité habituelle de faire.

Plan de gestion adapté

Pour aider à établir un plan de gestion de cette situation inhabituelle, en lien avec les représentants des services et fonctions principalement concernés (direction générale, communication, opérationnel, laboratoire, RH, logistique, juridique...), la direction de l’EID-Med a mandaté un prestataire spécialisé. Le moment venu, ils seront impliqués dans une « cellule ad hoc », selon un fonctionnement hors normes, tourné vers la mobilisation, la disponibilité et la mutualisation. Après une série d’entretiens bilatéraux et une première séance de calage, fin juin, le prestataire est sur le point de fournir une version du plan, qui sera suivie d’une « mise en situation ».

* Alpes-de-Haute-Provence, Alpes-Maritimes, Bouches-du-Rhône, Var, Vaucluse, Corse-du-Sud, Haute-Corse, Gard, Hérault, Aude, Pyrénées-Orientales, Haute-Garonne, Lot-et-Garonne, Gironde, Ardèche, Isère, Rhône, Drôme.

** Un « moustique tigre » local se sera infecté en piquant une personne revenue malade d’une région du monde où le virus (chikungunya, dengue) circule puis aura transmis la maladie en piquant une autre personne dans sa proximité immédiate.

 

Niveaux de risques et crise

Rappel : le plan national antidissémination du chikungunya et de la dengue, que le ministère de la Santé a institué en 2006, au moment de la fameuse épidémie de chik à La Réunion, et qui est actualisé chaque année, fixe 6 niveaux de risques (de 0 à 5) :

0. absence ou présence contrôlée d’Aedes albopictus.

1. Aedes albopictus implanté et actif.

2. Aedes albopictus implanté et actif + présence d’un cas humain autochtone confirmé de chik ou de dengue.

3. Aedes albopictus implanté et actif + présence d’un foyer de cas humains autochtones (au moins 2 cas groupés dans le temps et dans l’espace).

4. Aedes albopictus implanté et actif + présence de plusieurs foyers distincts de cas humains autochtones.

5. Aedes albopictus implanté et actif + répartition diffuse de cas humains autochtones au-delà des foyers déjà constatés ou épidémie sur une zone élargie, avec un taux d’attaque élevé.

Pour l’EID-Med, selon le nombre de cas justifiant des traitements de LAV, la situation de tension pourrait bien intervenir dès le niveau 1, dont relèvent actuellement les 18 départements métropolitains où se trouve installé Aedes albopictus.