Contrôle sélectif

Les insecticides se font rares

Les insecticides utilisés pour le contrôle des moustiques nuisants ou vecteurs doivent être homologués, dans le cadre d’une directive eu-ropéenne de 1998, dite « biocides ».

Leur panoplie se réduit comme peau de chagrin. Beaucoup de produits ont été retirés du marché, récemment, sans substitut. Les conditions d’homologation sont lourdes et onéreuses, alors que le marché de la démoustication est peu attractif, commercialement, pour les fabricants d’insecticides.

A ce jour, en milieu naturel, un seul produit est disponible : le Bti (Bacillus thuringiensis ser. israelensis). C’est un insecticide pertinent et efficace, mais pas en toutes circonstances.

Le Bti est un bio insecticide très sélectif à l’égard de la faune non cible. Agissant uniquement sur les larves, par ingestion (au contraire d’autres insecticides, aujourd’hui retirés du marché, qui agissaient par simple contact), son efficacité dépend, en particulier, de la capacité des larves à l’avaler.

Or cette capacité est influencée par des facteurs spécifiques des milieux à submersions temporaires de Méditerranée, à savoir :

  • les hauteurs d’eau qui, lorsqu’elles sont insuffisantes, limitent le temps d’exposition des larves au produit.
  • le couvert végétal, dont la densité limite la pénétration du produit.
  • la température de l’eau, dont la baisse s’accompagne d’un ralentissement d’absorption des larves.

De plus, le Bti est efficace sur les jeunes stades larvaires (1 et 2), alors que les insecticides agissant par contact étaient efficaces sur les 4 stades. A partir du troisième stade, les larves se nourrissent très peu et au quatrième et dernier stade, leur sensibilité au Bti est environ… 220 fois plus faible qu’au premier stade.