Le moustique

et ses nuisances

Les moustiques peuvent être vecteurs de maladies graves, aujourd'hui disparues dans nos régions mais continuant de sévir ailleurs, en de nombreux points de la planète.

Historique en Languedoc-Roussillon

Maladies tropicales

Maladies locales (bénignes)

Le moustique ne transmet pas le SIDA

 


Historique en Languedoc-Roussillon


Qu'il agisse en tant que simple nuisance, comme sur le littoral méditerranéen français, ou en tant que vecteur de graves maladies, en particulier sous les tropiques, le moustique a toujours représenté une cible privilégiée pour l'Homme, que celui-ci s'est efforcée de combattre. Il suffit de se rappeler les grandes épidémies de fièvre jaune ou l'endémie quasi-mondiale de paludisme jusqu'au début du XX° siècle.

Milieux salé 2.tif (203856 octets)La région couverte par l'EID Méditerranée, à lido lagunaire, n'a pas échappé à ce lourd handicap.

Au XIX° siècle, une étude des services des Ponts et Chaussées de l’Hérault (1868) montrait que la durée moyenne de vie sur quelques secteurs littoraux héraultais était voisine de 20 ans, alors que pour l'ensemble du pays elle était de 37 ans !

Considérée jusqu'à une époque relativement récente (la fin des années 1940) comme un "pays de fièvre", elle a connu de nombreuses épidémies, comme celles signalées au Moyen-Age à Narbonne (Aude), Agde (Hérault), Maguelonne (Hérault) et Aigues-Mortes (Gard). Ces fièvres ont sévi à l'état endémique jusqu'à l'aube du XX° siècle en divers points de la zone côtière du Languedoc-Roussillon.

Avec la 1° guerre mondiale, apparaissent des épidémies en série dont la plus importante date de 1917, au cours de laquelle 158 cas de paludisme ont été recensés dans la région de Montpellier (Hérault). Ils ont coïncidé avec l'hospitalisation dans cette ville des blessés et malades de l'Armée d'Orient.

Jusqu'en 1939, on a observé de petites poussées épidémiques à Mauguio et Carnon (Hérault) et au Grau-du-Roi (Gard). Cette même année, une flambée épidémique grave a sévi parmi les populations de Barcarès, Saint-Cyprien et Argelès-sur-mer (Pyrénées-Orientales). Elle a été consécutive à l'exode des réfugiés espagnols pendant la guerre civile. Milieux salé 3.tif (203856 octets)

Enfin, en 1942 et 1943, une nouvelle phase épidémique a été relevée en Camargue et Petite-Camargue (plus de 200 cas). Elle a été mise en relation avec l'arrivée de l'Afrika Korps de Cyrénaïque et de Tunisie.

Quelques cas isolés ont été ensuite observés sans qu'on puisse les rattacher à une cause précise et la maladie a, depuis, disparu.

Mais si le paludisme s'est éteint dans notre région, d'autres maladies humaines et animales, transmises par le moustique, ont été découvertes. Elles ne mettent pas en danger la vie des habitants du Languedoc et n'ont donc pas motivé d'opération de lutte spécifique. De nos jours, ce sont les opérations d'aménagement économique : touristique, industriel ou agricole qui justifient ces interventions.

 


Maladies tropicales


Tableau Maladies

le paludisme

C'est une maladie due à un protozoaire, organisme unicellulaire appelé hématozoaire. Ce parasite est transmis, par piqûre d'homme à homme, par des moustiques du genre Anopheles chez lequel il effectue la première partie du cycle de développement. La seconde partie s'accomplit chez l'homme. C'est une maladie à répartition mondiale qui touche plus d'un demi-milliard d'individus. Elle a longtemps sévi dans les pays tempérés, dont la France, mais depuis un demi-siècle elle a pratiquement disparu d'Europe. Par contre, elle touche encore une grande partie des populations vivant dans les zones intertropicales d'Afrique, d'Asie et d'Amérique. Le traitement et la prévention ont d'abord été réalisés avec un alcaloïde extrait du quinquina : la quinine ; des antipaludiques de synthèse sont utilisés aujourd'hui. Il n’existe pas encore de vaccin.

la fièvre jaune

Elle est due à un virus transmis, par piqûre d'homme à homme, par un moustique du genre Aedes. Son histoire commence avec les premières relations régulières entre l'Europe et les rivages intertropicaux d'Amérique et d'Afrique. La répartition de la maladie est moins vaste que celle du paludisme. On la trouve surtout dans la zone intertropicale d'Afrique et d'Amérique. Elle n'a jamais été observée en Asie. En Europe, seuls quelques cas isolés ont été notés dans les ports. C'est une affection extrêmement grave pour laquelle il n'existe aucun traitement spécifique. Des vaccins très efficaces ont été mis au point.  

 

la dengue

C'est une maladie virale généralement bénigne mais la forme hémorragique peut être mortelle. Elle est transmise, d’homme à homme, par un moustique du genre Aedes. On la rencontre surtout en Asie du sud-est, dans le Pacifique sud, l’océan Indien, en Australie et aux Caraïbes. Il n’existe ni médicament ni vaccin contre cette maladie.  

la filariose de Bancroft ou éléphantiasis

Elle est causée par un ver dont une partie du développement se passe chez des moustiques du genre Culex et se poursuit chez l’homme. Elle entraîne des enflures invalidantes parfois spectaculaires. On la rencontre en Asie, en Afrique, dans le Pacifique et en Australie.


Maladies locales


Des maladies locales connues en Languedoc Roussillon. Ce sont des maladies humaines et aussi animales :  

        - le " lourdige ", encéphalite grave du cheval, est causé par le virus West-Nile véhiculé par un moustique du genre Culex. Ce virus peut également provoquer une affection de type grippal très bénigne chez l'homme. 

       

 - le virus Tahyna, transmis par un moustique du genre Ochlerotatus, occasionne un état grippal discret chez l'homme.

 - la myxomatose, maladie du lapin, est due à un virus transmis par plusieurs espèces de moustiques appartenant aux genres Ochlerotatus et Anopheles mais le principal vecteur est la puce qui prolifère dans les terriers. 

 

- la filariose canine est causée par un ver. Les moustiques injectent les larves de ce ver qui se fixent sur la paroi du coeur pour terminer son développement; là ils perturbent la circulation sanguine ce qui peut entraîner la mort du chien.


Le moustique ne transmet pas le Sida


 

sida.gif (3133 octets)

RETROVIRUS

Le syndrome immuno-déficitaire acquis, ou sida, n’est pas une maladie au sens usuel du terme. Il est caractérisé par des infections répétées et rebelles dites opportunistes qui deviennent graves chez les malades du fait de l’effondrement du système immunitaire. Il est dû à un virus appartenant au groupe rare des rétrovirus, découvert en 1983 par Luc Montagnier (Institut Pasteur de Paris). Les seuls modes de transmission aujourd’hui prouvés sont le sang et le sperme : transfusions sanguines, piqûres, rapports sexuels homo et hétérosexuels. L’implication d’autres liquides organiques dans la contamination (larmes ou salive) n’a jamais été démontrée. Le rôle des insectes, plus particulièrement des moustiques, auquel il a été fait référence au début de l’épidémie, est maintenant nié.

Au cours des rencontres avec le public, une question est très souvent posée : le moustique peut-il transmettre le sida ? La réponse est non, ainsi que l'expliquent ci-dessous Gilbert Sinègre, directeur technique et scientifique honoraire de l'EID Méditerranée, et le docteur Jean Cousserans, médecin parasitologue, secrétaire du Conseil scientifique de l’EID Méditerranée. 

Le rôle vectoriel des moustiques est dû en grande partie à leur faculté de piquer plusieurs fois des hôtes différents, ce qui leur permet d'accomplir plusieurs cycles gonotrophiques (développement des œufs dans les organes reproducteurs) et donc de pondre plusieurs fois. L'âge physiologique, le taux de parturité d'une population de moustiques vecteurs, le nombre de pontes déposées, permettent à tout épidémiologiste d'évaluer en zone d'endémie le risque encouru par les populations humaines. Le cycle des parasites générateurs de maladies parfois redoutables, comme le paludisme, implique un réservoir de parasites (en général un humain impaludé), un vecteur tel que le moustique Anophèle, puis un hôte sensible, à savoir un humain sain qui, dès la piqûre infectante, recevra le parasite et contractera la maladie. Plusieurs conditions doivent être remplies pour que s'accomplisse le cycle : 

        - l'hôte contaminé (le réservoir) doit, au moment de la piqûre, se trouver à une phase de la maladie telle qu'une charge importante de parasites soit véhiculée dans son sang, ce qui ne se produit qu'à des moments bien précis du cycle parasitaire dans l'hôte réservoir. 

        - le parasite (protozoaire ou virus) doit accomplir également un cycle particulier dans le corps du vecteur avec, en préambule, la faculté d'être protégé contre toute atteinte destructive par ses enzymes digestives, puis passe sa barrière stomacale pour gagner sa cavité générale, s'y multiplier et gagner les glandes salivaires de l'insecte piqueur.  

        - l'hôte sain doit être un individu sensible au parasite, c'est à dire ne pas avoir développé une résistance à la maladie.  

Ces diverses conditions réunies, le cycle est le suivant : le moustique femelle pique un individu impaludé et, pour ce faire, injecte auparavant sa salive urticante mais dépourvue de parasite. Elle absorbe le sang parasité. Le parasite (plasmodium pour le paludisme), après modification, passe dans les glandes salivaires. La femelle se gorgera à nouveau, avant ou après sa ponte, sur un individu sain et sensible. Elle injectera une salive porteuse de parasites et contaminera ainsi l'individu sain.

Le moustique ne transmet pas le SIDA.

On pourrait penser que le virus du sida soit transmis  par la piqûre infectante d'un moustique à partir de la salive, ou par phorésie (transport passif) sur les pièces buccales, ou par écrasement du moustique venant de se gorger partiellement sur un sidéen.  

Il a été prouvé que le virus du sida est digéré en moins de 24 h par les enzymes stomacales des moustiques et détruit dans sa totalité. Il n’existe donc aucune probabilité que le virus passe de l’estomac dans la cavité générale puis dans les glandes salivaires. La phorésie est par ailleurs impossible car la charge virale est trop faible. En effet, un sidéen n’a dans son sang que très peu de virus, soit 10 unités (HIV). Il a été calculé que s’il en avait 1 000 unités, la probabilité d’injecter une seule unité par phorésie serait de 1 sur 10 millions, autrement dit : 10 millions de moustiques piquant chacun 10 millions de sidéens devraient piquer en même temps un individu sain, c’est-à-dire interrompre tous leur repas sur sidéen et immédiatement piquer le même hôte ! Rappelons qu'hors de l’organisme, du sang ou du sperme, le virus a une durée de vie très courte. Il est donc évident que la contamination par phorésie est en pratique impossible. La même approche vaut pour l'écrasement, à partir duquel le sang du vecteur n’est pas injecté dans l’organisme et ne contient pas une charge virale suffisante du virus par ailleurs très vite détruit à l’air libre. La transmission par " seringue " est également impossible car les canaux salivaires et les canaux alimentaires sont différents.


La même page en anglais :

Contacter le Webmaster : eid.med@wanadoo.fr

© Copyright 2000