L'EID sur le front anti-vectoriel (année 2000)


Un foyer d’encéphalite équine à virus West Nile est apparu dans la première semaine de septembre au Nord-Est de l’étang de l’Or, dans la région de Lansargues-Lunel, et s’est ensuite étendu au nord de cette zone et à l’ouest gardois (voir carte). A ce jour, on recense une trentaine de victimes chez les chevaux camarguais, parmi lesquels une douzaine sont morts. La démoustication mise en œuvre par l’EID relève, dans ce cas, de la lutte anti-vectorielle et, à ce titre, a été sollicitée par l’Etat.

Cette affection très rare mais pas nouvelle (des cas ont été enregistrés dans notre région, notamment au milieu des années 60) a suscité émotion et inquiétude, en particulier chez les propriétaires et éleveurs de chevaux. La presse régionale a immédiatement répercuté cette information sans la dramatiser. Mais, en appui sur l’apparition échelonnée dans le temps de nouveaux cas, un écho national et international a été donné à cet événement. Un rapprochement n’a pas manqué d’être fait avec l’épidémie qui s’est développée l’an dernier à New York, ultra médiatisée, et en ce moment-même en Israël, où des cas humains ont été enregistrés, quelques uns mortels.

Comme suite à ce constat, l’EID Méditerranée a été sollicitée par le Directeur de cabinet du Préfet de l’Hérault, le 8 septembre, pour procéder à des opérations conservatoires de lutte contre le vecteur incriminé, le moustique Culex modestus.

DISPOSITIF COHERENT

L’EID a participé dès le départ à la cellule de réflexion mise en place par le Préfet de l’Hérault, au sein de laquelle il a été convenu que :

   - toutes les questions concernant la maladie, les soins, les traitements des écuries, la prévention par applications de répulsifs sur les animaux, etc. sont à répercuter vers les services vétérinaires départementaux (SVD).

   - toutes les questions d’ordre médical concernant l’homme, la transmission, les symptômes, les traitements, la prévention contre les piqûres, etc. sont à répercuter vers la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS).

   - l’EID intervient à la demande du Préfet sur les biotopes larvaires de Culex modestus inventoriés dans un rayon de 4 à 5 km autour du foyer d’infestation. Seuls des traitements anti-larvaires ont été pratiqués.

La démarche opérationnelle a suivi la chronologie suivante :

   - dès la connaissance d’un foyer d’encéphalite à virus West Nile au Nord-Est de l’étang de l’Or, le 7 septembre, l’initiative a été prise de mettre en place un réseau de captures de moustiques adultes sur les secteurs concernés (pièges à CO²).

   - des prospections systématiques ont couvert (et continuent de couvrir) tous les réseaux de fossés et l’ensemble des gîtes à Culex modestus, élargies à ceux de Culex pipiens, dans un rayon de 4 à 5 kilomètres.

   - dans l’Hérault, un traitement anti-larvaire a été réalisé samedi 9 septembre, sur 220 hectares.

   - dans le Gard, un traitement a été réalisé vendredi 15 septembre, sur 270 hectares, puis vendredi 22 septembre, sur 50 hectares supplémentaires, dans le secteur de St-Laurent-d’Aigouze - Aigues-Mortes.

Des prélèvements ont été effectués et adressés à l’Institut Pasteur, à Paris, afin de déterminer la présence du virus, connue pour l’instant uniquement chez Culex modestus. Il s’agit en effet de savoir si une autre espèce n’a pas pu être vectrice. C’est une donnée fondamentale, particulièrement pour l’efficacité des suivis qui devront être préparés pour l’année prochaine.

SANTE PUBLIQUE : C’EST L’ETAT LE PATRON

Le Culex modestus se dispersant très peu à partir de son gîte de reproduction, il ne constitue pas une gêne significative pour les populations. C’est ce qui explique que, sauf quelques cas particuliers où il subit des traitements engagés contre les Anophèles, ce moustique n’entre pas dans les causes de nuisances prises en compte par l’EID à la demande des collectivités territoriales. Dans ce cadre, il n’y a donc pas d’utilité à ce qu’il fasse l’objet d’interventions particulières. D’où sa présence parfois abondante dans des gîtes spécifiques (scirpaies, roselières, rizières). Ce qui, au passage, démontre la sélectivité des interventions régulières de l’Entente.

Dans cette affaire de transmission de virus, l’EID intervient donc au titre d’une lutte anti-vectorielle, qui relève de la compétence de l’Etat en matière de santé publique. L’Etat, dont les services (Direction des services vétérinaires et Direction départementale des Affaires sanitaires et sociales) ont en charge le suivi de la situation épidémiologique.