Presse

EID Méditerranée

 

La Lettre de l'EID Méditerranée :

"la lettre de l'EID Méditerranée n°18",

trimestriel externe, diffusion : 4000 exemplaires

 

"la lettre de l'EID Méditerranée n°17",

trimestriel externe, diffusion : 4000 exemplaires

"la lettre de l'EID Méditerranée n°16",

 trimestriel externe, diffusion : 4000 exemplaires

"la lettre de l'EID Méditerranée n°15",

 trimestriel externe, diffusion : 4000 exemplaires

"la lettre de l'EID Méditerranée n°14",

 trimestriel externe, diffusion : 4000 exemplaires

"la lettre de l'EID Méditerranée n°13",

 trimestriel externe, diffusion : 4000 exemplaires

"la lettre de l'EID Méditerranée n°12",

 trimestriel externe, diffusion : 4000 exemplaires

"la lettre de l'EID Méditerranée n°11",

 trimestriel externe, diffusion : 4000 exemplaires

"la lettre de l'EID Méditerranée n°10",

 trimestriel externe, diffusion : 4000 exemplaires

"la lettre de l'EID Méditerranée n°9",

 trimestriel externe, diffusion : 4000 exemplaires

"la lettre de l'EID Méditerranée n°8",

 trimestriel externe, diffusion : 4000 exemplaires

"la lettre de l'EID Méditerranée n°7",

 trimestriel externe, diffusion : 4000 exemplaires

"la lettre de l'EID Méditerranée n°6",

 trimestriel externe, diffusion : 4000 exemplaires

 

EID Méditerranée

Pratique

Nuisances

Environnement

Démarche-qualité

Relations extérieures

Un peu d'histoire

Départements et régions

Humour toujours

Retour à la page actualité

 


EID Méditerranée


* Un conseil scientifique pour l’EID Méditerranée

(" EID-info " n° 4, juil. 96)

Instance indépendante du Conseil d’administration de l’EID Méditerranée et consultative, le Conseil scientifique et technique (CST) a existé de 1964 à 1982, de par la loi, au côté de la Mission Racine. Il a été institué à nouveau par décision des administrateurs de l’Entente, le 22 octobre 1996. Missions, fonctionnement, composition.

* Entomologie : de la science à l’opérationnel

(" EID-info " n° 17, juin 1999)

Au sein du laboratoire, Francis Schaffner est responsable de la toute nouvelle " cellule entomologie ". Une spécialité qui, compte tenu des lacunes qui subsistent dans la connaissance des moustiques et autres insectes piqueurs, justifie une relance des réflexions et travaux, en appui sur l’important potentiel existant à l’EID Méditerranée. Interview.


Pratique


* Prévention : de l’usage des répulsifs

(" EID-info " n° 9, juil. 97)

" Avec l’été, voici revenue la crainte des moustiques ". L’EID veille et agit, mais un peu d’eau stagnante chez soi ou dans son entourage et il se trouvera toujours un diptère vorace pour nous martyriser la nuit durant... Un point sur les potions, onguents et autres appareillages permettant de soulager toutes les peaux...

* Dossier : prévention urbaine - équipements publics

(" La lettre de l’EID " n° 1, été 97)

Les collectivités et professionnels du bâtiment peuvent prévenir les situations favorables à la prolifération des moustiques au moment de la conception et de la construction d’équipements sanitaires (stations dépuration, lagunages, etc.) ou d’immeubles d’habitation (vides sanitaires, fosses septiques, etc.),

* Dossier : prévention urbaine - intradomiciliaire

(" La lettre de l’EID " n° 2, automne 97)

Chez vous, soyez secs avec les moustiques ! Les quelques mesures simples et pratiques pour éviter d’être martyrisé par l’insecte piqueur.


Nuisances


* Sus à Aedes albopictus !

(" EID-info " n° 8, avr. 97)

Originaire d’Asie du sud-est, Ae. Albopictus risque de gagner nos contrées occidentales à la faveur du commerce des... pneus usagés. Vecteur de maladies (arboviroses), il convient d’envisager une stratégie de veille sur le littoral méditerranéen français.


Environnement


* Salins de Frontignan : observer, gérer,... visitez !

(" EID-info " n° 13, avr. 98)

L’EID Méditerranée a été investie du rôle d’opérateur sur le site des anciens salins de Frontignan la Peyrade, propriété du Conservatoire du littoral, dont la gestion est déléguée à la commune de Frontignan. Ces trois partenaires ont signé une convention pour l’élaboration et la mise en œuvre d’un plan global de gestion et d’animations.

 * Environnement :

maitrise et qualite : un projet " Life-environnement"

(" La lettre de l’EID " n° 3, printemps 98)

L’EID Méditerranée a soumissionné à une appel d’offres dans le cadre du programme " Life environnement 1998", en convergence avec les services publics de contrôle de nuisances d’Allemagne, d’Italie et de Turquie.

 * Salins de Frontignan : Top départ

(" EID-info " n° 14, juillet 98)

Signature officielle, le 26 juin dernier, de la convention déléguant à l’EID la gestion des anciens salins de Frontignan-la-Peyrade. C’est une opération qui a justifié la création de 5 emplois. Ceux-ci s’attachent, en premier lieu, à la mise en propreté et à la sécurisation du site, en même temps que plusieurs actions concrètes sont déjà engagées : une manière de tester les services qui y seront développés dans un proche avenir.

* Cartographie : Un atlas en perspective

(" La lettre de l’EID ", n° 4, hiver 98)

La cartographie écologique, c’est le " thésaurus " de l’EID Elle marque la spécificité de son positionnement et fixe son image. Bref, c’est un outil de reconnaissance. Les sollicitations nombreuses dont l’Entente est l’objet concernant l’utilisation de sa cartothèque en témoignent.

* En bref

(" La lettre de l’EID ", n° 4, hiver 98)

Erosion du littoral  - Plages - Commission des étangs - Pêcheurs - Parc naturel du Narbonnais - Life Environement - Ragondins - Jeunes pour la nature

* Littoral : Un objectif majeur

(" La lettre de l’EID ", n° 4, hiver 98)

Le service Protection du littoral développe son activité à la mesure des sollicitations de l’EID par les communes littorales, dans le domaine de la reconstitution dunaire (initialisation et entretien). La tempête de décembre 1997 a renforcé la demande, en termes de réparations et de maintenance des ouvrages. L’hiver et le printemps ont donc été " chauds " : un travail intense qui ne s’est pas démenti cet automne.


Démarche-qualité


Démarche qualité : déclaration de principes

(" EID-info " n° 12, févr. 98)

En exergue de la démarche-qualité au sein de l’EID Méditerranée, le Conseil d’administration a adopté une déclaration de principes ainsi que les axes d’une politique qualité et d’une politique environnementale.


Relations extérieures


* Catalogne : en direct du delta de l’Ebre

(" EID-info " n° 11, nov. 97)

Une délégation de l’EID Méditerranée a rencontré le Président et les administrateurs du C.O.D.E., service de contrôle des nuisances des moustiques dans le delta de l’Ebre (Espagne, Catalogne, députation de Tarragone). De multiples convergences ont été vérifiées : dans l’approche des missions, dans l’organisation et le fonctionnement des deux établissements publics, avec en perspective la concrétisation d’une convention.

* C.O.D.E. (Catalogne) - EID : rencontre de deux suds

(" EID-info " n° 12, fév. 98)

Visite d’une délégation du C.O.D.E., service de contrôle des nuisances des moustiques dans le delta de l’Ebre (Esp.). Présentation des activités des deux établissements publics sous l’angle de la gestion des zones humides démoustiquées. Signature d’une convention bipartite et ouverture sur la création d’une structure transversale aux services publics français et espagnols de démoustication et, dans un deuxième temps, à l’échelle européenne (Fra., Esp., Allemagne, Italie, Grèce, etc.) 

* S.o.v.e. (Society for vecteur ecology) : l’EID à Strasbourg

(" EID-info " n° 5, oct. 96)

Participation d’une délégation de l’EID Méditerranée au 2° congrès de la branche européenne de la S.o.v.e., à Strasbourg. La S.o.v.e. est une organisation internationale de professionnels impliquées dans l’étude des vecteurs biologiques et les programmes de lutte. Créée en Californie, elle s’est progressivement étendue à travers le monde, auprès de chercheurs et d’opérateurs de domaines de compétences très divers. Son champ couvre tous moyens de lutte intégrée (management environnemental, contrôle biologique, éducation du public, etc.)

* Congrès international de la S.o.v.e. : cap sur les vecteurs

(" EID-info n° 11, nov. 97)

Compte-rendu du 2° congrès international de la S.o.v.e., du 19 au 24 octobre 1997, à Orlando (E.-U.). Thème général : la réalisation d’un contrôle antivectoriel raisonné à travers une meilleure compréhension écologique.

* En bref

(" La lettre de l’EID ", n° 4, hiver 98)

Maroc, Tunisie : coopération étoffée - Formation de techniciens réunionais - Appui cartographique au service parisien SIAAP - Conférence en Italie - Congrès européen de la SOVE (Society of vector ecology) - Sollicitation guyanaise


Un peu d'histoire


* Les moustiques à travers le temps (4)

(" EID-info " n° 3, avr. 96)

Etude des moustiques et progression de la connaissance des espèces, de leur biologie et du mécanisme de transmission des maladies au 19° siècle.

* La première grande campagne d’information

(" EID-info " n° 4, juil. 96)

L’information préventive concernant les nuisances des moustiques ne datent pas d’hier. L’exemple d’un effort organisé de sensibilisation à l’intention des troupes, dans le cadre de la Campagne de Macédoine (1915 - 1918).

* Histoire d'une carte

(" EID-info " n° 6, déc. 96)

Une famille au service de la cartographie du Royaume de France, aux 17° et 18° siècle: les Cassini., Jean-Dominique, Jacques, César-François et Jacques-Dominique. Bref récit d’une véritable saga.


Départements et Régions


* Saint-Chamas (13) : les moustiques dans le désert provençal

(" EID-info " n° 3, avr. 96)

Comment s’est faite " l’implantation " des moustiques dans le " désert " de la Crau (Bouches-du-Rhône). Et comment l’EID a pris la mesure du problème.

* Les moustiques chez Tartarin

(" EID-info n° 5, oct. 96)

Les moustiques à Tarascon. En chaque démoustiqueur, y-a-t-il un " Tartarin " qui sommeille ?

* La Crau, steppe semi-aride

(" EID-info " n° 7, fév. 97)

Ancien delta de la Durance, la Crau représente une superficie de plus de 60 000 hectares entre Camargue, Alpilles et étang de Berre. C’est l’une des dernières steppes d’Europe, riche en légendes, un site unique aux plans biologique et humain.

* Les moustiques de l’Ecole de l’air de Salon-de-Provence

(" EID-info " n° 9, juil. 97)

L’Ecole de l’air de Salon est un véritable village. Près des hommes, s’est installée une vie animale domestique et sauvage. Un site où l’EID intervient à la fois en contrôle " rural " et en contrôle urbain.


Humour toujours


* Dites-le avec des vers : rimes et chansons

(" EID-info " n° 5, oct. 96)

Méléagre, Alphonse Daudet, Maurice Carême et... Gotainer : c’est fou ce que les moustiques ont inspiré poètes, troubadours et chanteurs, depuis l’antiquité jusqu'à nos jours.

* EID Atlantique :

les perles de la démoustifi..., de la démystifou...

(" EID-info " n° 9, 10, 11)

Confusions et tics de langages n’ont pas de frontières ! Les agents de l’EID Atlantique ont relevé les perles qui agrémentent leurs rapports, ceux... des autres ou qui jalonnent les articles de presse et conversations du " café du commerce ". Piquant ! 

Dans " EID-info " n° 4, juillet 1996

UN CONSEIL SCIENTIFIQUE POUR L’EID MEDITERRANEE

Une référence objective, un appui, une garantie : ce sont des fonctions  essentielles d’un conseil scientifique et technique. L’EID Méditerranée en était doté dès les origines, ou presque. Un arrêté en date du 26 mai 1964 l’avait institué auprès de la Mission interministérielle pour l’aménagement touristique du Languedoc-Roussillon. Mais ce conseil a disparu en même temps que la Mission, le 31 décembre 1982. Avec les objectifs ambitieux assignés par le projet d’établissement, le rétablissement de cette instance devient une nécessité.

Le principe en a été fixé lors des Conseils d’administration de juin 1995 et de janvier 1996. Le dernier Conseil d’administration, qui s’est tenu à Perpignan, a bouclé la boucle en votant le règlement intérieur du nouveau conseil scientifique et technique et en adoptant la liste des membres pressentis que lui a soumise son Président, le Professeur Jean-Antoine Rioux. Ce conseil, dont le fonctionnement sera autonome par rapport à celui de l’Entente, se voit affecté cinq grandes missions :

- donner son avis sur l’extension des compétences de l’EID au contrôle d’autres nuisances biologiques (chironomes, phlébotomes, chenilles processionnaires, ragondins, etc.),

- donner son avis sur les actions de l’EID dans le domaine de l’environnement, la restauration des cordons dunaires, les lits de rivières, le génie civil de l’environnement, les chantiers de zones humides, etc.,

- donner son avis sur les programmes de démoustication élaborés par l’EID ou par tout autre établissement ou organisme spécialisé appelé à collaborer avec l’Entente,

- suivre l’exécution des programmes présentés, que ce soit dans la zone d’action des départements de l’EID, pour l’extension de cette zone d’action ou à l’extérieur,

                - dresser un rapport annuel de ses constatations ou observations, alerter le président du Conseil d’administration dans tous les cas où ses observations et ses analyses feraient apparaître des risques éventuels portés à l’environnement.

Le Conseil scientifique se réunira deux fois par an sur convocation de son Président : une réunion en début d’année aura à son ordre du jour le programme des travaux pour l’année suivante, sur lequel le Conseil donnera son avis ; une deuxième réunion se tiendra à l’automne et examinera le compte-rendu des travaux de l’année précédente. Ce fonctionnement permettra ensuite au Conseil d’administration de prendre valablement connaissance, au cours de ses deux réunions ordinaires, des observations du conseil scientifique.

Dans " E.I.D.-info " n° 9, juillet 1997 

PREVENTION : DE L’USAGE DES REPULSIFS

Avec l’été revient toujours la crainte des moustiques. Les services opérationnels de l’EID veillent et agissent avec efficacité, mais un peu d’eau stagnante dans votre entourage et il se trouvera toujours un diptère vorace pour vous martyriser la nuit durant. Sans parler des destinations de vacances où la bête piqueuse s’affaire en toute liberté. Odile Moussiegt, documentaliste de l’Entente, fait le point sur les potions, onguents et autres appareillages permettant de soulager toutes les peaux, surtout les plus sensibles...

Un des moyens permettant de se protéger des piqûres de moustiques consiste à utiliser des produits, naturels ou de synthèse, qui vont les éloigner et donc de les empêcher de nous piquer.

Les répulsifs naturels : ce sont des essences végétales.

Les plus connus sont le géranium, la lavande, le basilic, le vétiver et l’huile essentielle de citronnelle. Leur pouvoir répulsif est faible (1h 30) et il ne faut pas négliger leur pouvoir allergisant. On les recommande pour les femmes enceintes et les enfants mais les personnes ayant des antécédents allergiques les éviteront.

Les répulsifs de synthèse (quel que soit le produit utilisé éviter tout contact avec la bouche et les yeux ou des plaies).

Le plus ancien est le diméthylphtalate. Sa durée d’efficacité est d’environ 2 heures à sa concentration optimale de 20 % mais diminue rapidement avec l’augmentation de la température. Il peut y avoir des brûlures oculaires et des muqueuses à forte concentration mais pas d’eczéma.

Le plus connu est le DEET (abréviation de diéthylméthylbenzamide). Sa durée de protection est en moyenne de 4 heures à la concentration optimale de 35-50 % mais peut atteindre 6 à 8 heures. Il résiste bien à la chaleur, à l’eau et au frottement. Utiliser des produits à faible concentration (moins de 20 %) et éviter un usage répété chez les enfants de moins de 10 ans. 

L’éthylhexanediol a une durée d’efficacité ne dépassant pas 2 heures à la concentration optimale comprise entre 30 et 50 %. Il est très efficace contre les Anopheles mais résiste mal à la chaleur. C’est le répulsif à choisir pour les enfants.

Le 35/35 (ou N-butyl, N-acétyl-3 éthylaminopropionate) a une efficacité équivalente à celle du DEET (environ 4 heures) à la concentration optimale de 20 %.

Dans certains cas, plusieurs de ces produits peuvent être associés mais rien n’indique une activité accrue sauf, peut-être, l’élargissement du spectre d’activité. Il est intéressant de noter qu’un certain nombre de produits contiennent également une substance calmante fort appréciée quand on est " la " personne qui attire les moustiques.

Insecticide ayant aussi un pouvoir répulsif

Il s’agit de la perméthrine, un pyréthrinoide de synthèse que l’on utilise pour imprégner les moustiquaires et les vêtements. Sa durée d’efficacité est d’environ 6 semaines pour les vêtements pulvérisés (avec 2 lavages) et de 6 mois pour moustiquaires et vêtements imprégnés par trempage; l’efficacité est perdue passé ce délai ou après lavage.

On ne se protège pas de la même façon des piqûres de moustiques en Europe et sous les tropiques. La plupart des fabricants ont maintenant des lignes de produits " spéciales zones tropicales " dont le pouvoir répulsif est généralement accru. N’oubliez pas non plus qu’il est essentiel de bien appliquer le répulsif sur les surfaces exposées ou pouvant être découvertes par des mouvements et renouveler l’application en fonction de l’activité du produit choisi (l’étiquette ne vous aide pas toujours : celle que j’ai sous les yeux indique seulement " renouveler l’application aussi souvent que nécessaire " !)

Et n’oubliez pas les protections mécaniques : vêtements couvrants (à manches longues et pantalons) et moustiquaires, surtout pour les bébés. Par contre, l’efficacité des appareils à ultrasons n’a jamais été établie (au pire ces appareils peuvent attirer les moustiques). Les appareils électriques " foudroyeurs " grillent tout ce qu’ils attirent, dont pas mal d’insectes inoffensifs, mais peu les moustiques.

Dans " La lettre de l’EID Méditerranée ", n° 1, été 1997

DOSSIER 

SPECIAL URBAIN - EQUIPEMENTS PUBLICS

Moustiques des villes, moustiques des champs...

Et oui, il y a moustiques et moustiques..., ou plutôt les moustiques des villes et ceux des champs !

Il s’agit de la perméthrine, un pyréthrinoide de synthèse que l’on utilise pour imprégner les moustiquaires et les vêtements. Sa durée d’efficacité est d’environ 6 semaines pour les vêtements pulvérisés (avec 2 lavages) et de 6 mois pour moustiquaires et vêtements imprégnés par trempage; l’efficacité est perdue passé ce délai ou après lavage.

Ainsi, d'une part, plusieurs espèces de moustiques qui se développent en milieux naturels (marécages, cultures irriguées, ...) peuvent envahir périodiquement les agglomérations. Cette nuisance ne peut être contrôlée de façon pérenne que par des professionnels, ce qui est généralement réalisé avec succès par les services de l’EID.

Mais, d'autre part, une espèce spécifique aux agglomérations, Culex pipiens, se reproduit dans les eaux résiduaires urbaines, là où les difficultés d’accès et, éventuellement, l’apparition de résistances aux insecticides limitent les possibilités de la lutte chimique.  

Deux cas de figure :  

- tous les points d'eau dormante, à l'intérieur même des domiciles, sont potentiellement producteurs : une seule solution, chez vous, soyez secs avec les moustiques, évacuez les eaux stagnantes ! (nous y reviendrons plus en détail dans une prochaine Lettre de l'EID) 

- dans les équipements publics, idem : la prévention de situations favorables à la prolifération des nuisances peut être prise en charge en amont par les services des collectivités et les spécialistes de la construction. 

ELUS LOCAUX, PROFESSIONNELS DU BATIMENT, VOUS POUVEZ AIDER LA COLLECTIVITE A SE PREMUNIR DES MOUSTIQUES ! 

Nous vous proposons, ci-dessous, une série de recommandations dans trois domaines sensibles (réseaux d'égouts, stations d'épuration, lagunages) qui sont, d'ailleurs, codifiées au terme de la législation en vigueur. Leur application au niveau des équipements publics permettra, dans la plupart des cas, d'éviter la formation de gîtes à moustiques.

LA REGLEMENTATION  

Les mesures préconisées font référence aux prescriptions fixées par :

- les arrêtés préfectoraux découlant de la loi du 16 décembre 1964 relative à la lutte contre les moustiques et du décret du 1er décembre 1965.- les règlements sanitaires départementaux.

UNE PRESENCE EXCLUSIVEMENT LIEE AUX EAUX STAGNANTES 

Culex pipiens pond environ deux cents oeufs à la surface de l’eau. Larves et nymphes ont une vie aquatique d’une à trois semaines. Les adultes peuvent vivre un mois. Les femelles sont à même de voler sur deux kilomètres environ, pour aller piquer, surtout de nuit, à l’intérieur des habitations. Leur agressivité augmente avec la chaleur et la quantité de matière organique présente dans l’eau.

LES RESEAUX D'EGOUTS 

Les collecteurs urbains sont généralement séparés : 

                - celui des eaux usées est en principe hermétique.

- celui des eaux pluviales est accessible aux moustiques par les avaloirs ou bouches d'égouts.

Ces équipements, lorsqu'ils font office de piège à sable, retiennent également l'eau et constituent une multitude de réserves disséminées dans les agglomérations. 

Ces points d'eau qui, pour diverses raisons, subsistent en période sèche, sont autant de gîtes à Culex pipiens qui doivent être fréquemment contrôlés. 

L'EID assure le suivi et le traitement de tous ces gîtes particulièrement productifs. Mais sur les nouvelles extensions ou aménagements, il faut : 

- réduire, autant que possible, le nombre des bouches pluviales

- prévoir leur vidange complète dans le projet initial (position de la conduite d'évacuation strictement au même niveau que le fond de l'avaloir)

- mettre en oeuvre des équipements qui facilitent l'accès aux eaux résiduaires (couvercle rond avec trou central, par exemple)

- d'une manière générale, respecter la législation sur la disposition des regards

LES STATIONS D'EPURATION

Les stations d'épuration en fonctionnement, dont la capacité en équivalent-habitants correspond à la charge réelle, ne constituent pas de gîtes à moustiques si leur entretien est bien conduit. Mais, en présence d'eau stagnante ou lorsque le temps de séjour est trop long, la prolifération de Culex pipiens est inévitable. C'est le cas des stations d'épuration à fonctionnement intermittent ou surdimensionnées ainsi que des stations désaffectées qui retiennent les eaux pluviales. 

Dans tous les cas, le rejet des effluents vers le milieu récepteur doit être le plus direct possible, le transit par des réseaux de fossés à ciel ouvert ou par des zones marécageuses doit être évité. En effet, la présence d'un plan d'eau permanent et le développement probable d'une végétation abondante de roseaux permet, outre le développement de Culex pipiens, l'implantation d'autres moustiques dont les Coquillettidia particulièrement agressifs. Ces derniers, très difficiles à éliminer avec les insecticides, nécessitent le recours à des travaux de génie sanitaire.

Eu égard au coût des travaux nécessaires, l'application de dispositions pour lutter contre les moustiques doit être concertée pour chaque cas particulier. 

Si le transit à l'air libre des effluents est inévitable voire souhaitable pour parfaire la qualités bactériologique des eaux, il serait préférable de choisir un réseau de fossés accessibles, curés et faucardés régulièrement afin d'éliminer toute végétation enracinée.

LES LAGUNAGES 

En épuration principale ou complémentaire, le lagunage est de plus en plus employé, notament par les petites collectivités. En raison de l'étendue des surfaces en eau, la prolifération des moustiques peut créer une gêne considérable. 

Pour l'éviter : 

                - les bassins et ouvrages doivent être dépourvus de végétation enracinée

                - la hauteur d'eau doit être maintenue à plus de 80 cm

                - les endiguements doivent être revêtus de béton ou géotextile et disposés de manière à    éviter angles morts et eaux stagnantes

                - les plantations à caractère esthétique ne doivent pas être réalisées sur les endiguements mais en retrait, afin d'éviter affouillements et infiltrations.

Les bassins utilisant la végétation comme moyen d'épuration complémentaire sont vivement déconseillés mais, s'ils existent, ils doivent être en nombre suffisant pour être asséchés à tour de rôle pendant plus d'un mois par an et faucardés à cette occasion afin de prévenir l'installation de moustiques du genre Coquillettidia

                - le rejet des effluents vers le milieu récepteur doit se faire selon les recommandations préconisées pour les stations d'épuration

                - une rampe d'accès doit être construite pour l'entretien 

                - l'application de ces dispositions doit être évidemment concertée pour chaque cas particulier

Dans " La lettre de l’EID ", n° 2, automne 1997

DOSSIER

HYGIENE - PREVENTION

" Mieux vaut prévenir que guérir " : conseils profitables aux collectivités, aux professionnels de la construction ou aux particuliers. Chaque trimestre, un cas de figure concret sera évoqué dans " La Lettre de l’EID ", avec les moyens de se prémunir en amont de toute situation de nuisance ou, au moins, d’en atténuer les effets avant de s’en remettre à une intervention des agents de l’EID.

Moustiques des villes

L’inondation des vides sanitaires, caves et sous-sols de constructions individuelles et bâtiments collectifs intervient pour une grande part dans la formation de gîtes à Culex pipiens.

L’inondation accidentelle est souvent due à une rupture de canalisation et se traduit par la présence inhabituelle de moustiques. Réparation des conduites et pompage des eaux résiduaires suffisent généralement à stopper la nuisance.

L’inondation permanente due aux infiltrations de la nappe est à l’origine des nuisances les plus fortes. Dans ce cas, en ce qui concerne les constructions existantes, il convient :

                - de recourir au pompage avec un matériel maintenu en bon état de marche,

                - de combler l’espace inondable avec du gravier, jusqu’au-dessus du niveau le plus haut de la nappe.

Dans les projets de construction, lorsque le risque d’inondation permanente existe, il faut :

                - mettre en œuvre les techniques de drainage et d’étanchéité conformes aux prescriptions,

                - privilégier les constructions sur hérissons (sols sur terre-plein) ou sur rez-de-chaussée utilisés comme garages, plutôt que sur vides sanitaires. Si ces derniers sont inévitables, ils doivent être d’accès aisé pour permettre leur contrôle.

Dans tous les cas, les mesures suivantes sont à appliquer :

                - prévenir les fuites de canalisation par le choix de matériaux de qualité,

                - protéger efficacement les opérations par du grillage moustiquaire inoxydable posé hors d’atteinte des rongeurs et du vandalisme,

                - s’assurer, lors de la construction, de l’exécution soignée du fond de fouilles et de l’enlèvement de tous les matériaux,

                - veiller à la parfaite étanchéité des trappes de visite et des passages de tuyauterie au travers des dalles.

Sans ces précautions, la nuisance peut devenir considérable : l’apport de matière organique par les pertes de canalisations et la chaleur maintenue en hiver par les conduites de chauffage transforment certains sous-sols inondés en véritables " bouillons de culture " où prolifèrent les moustiques, rongeurs et autres nuisances. Sous les grands ensembles, ces " élevages " de moustiques peuvent couvrir plusieurs milliers de m2 !

Dans " EID-info " n° 8, avril 1997

SUS A AEDES ALBOPICTUS !

Originaire d'Asie du sud-est, Aedes albopictus appartient au sous-genre stegomyia. En dix ans, il a colonisé le Pacifique, les îles de l'Océan indien, les Amériques, l'Afrique, l'Océanie et l'Europe du sud ! Principal facteur de diffusion : le commerce des pneux usagés dans lesquels se conservent les œufs. Le transport aérien et maritime a favorisé l'extension rapide de ce moustique aux importantes potentialités vectorielles : transmission d'arboviroses (dengue, filarioses, dont celles à Dirofilaria immitis et Dirofilaria repens qui touchent essentiellement le chien - cf. démonstration en Italie par Cancrini - 1995).

La première découverte européenne du moustique a été faite en Albanie en 1979. En 1990, quelques exemplaires ont été trouvés dans un jardin d'enfants à Gênes. Depuis, 10 régions et 19 provinces d'Italie du nord sont réputées héberger Aedes albopictus.
Ce moustique d'origine tropicale s'est parfaitement adapté à des régions tempérées. Des spécialistes (Knudsen-Mitchell, Rodhain) estiment qu'il peut s'implanter dans les pays où la température moyenne hivernale avoisine 0° et la température estivale 20° et où la pluviométrie est au moins de 500 mm/an, comme l'Italie, l'Espagne, le Portugal, la Grèce, la Turquie, la France, l'Albanie, la Yougoslavie et, à un moindre degré, la Suisse, l'Autriche ou l'Allemagne. 

Monsieur Rodhain (Institut Pasteur de Paris) suggère, pour la région méditerranéenne française, une surveillance sur la Côte d'Azur et en Corse. Afin d'éviter un problème de santé publique, les autorités italiennes ont créé un centre de surveillance et de contrôle au sein de l'Institut supérieur de la santé de Rome, avec un programme par tranches de 3 ans comprenant plusieurs types d'actions : surveillance étroite du pays, réduction de la densité du vecteur là où il existe en grandes colonies, éradication là où sa présence reste limitée, étude du rôle vectoriel (arbovirose), coopération avec les pays limitrophes.

Dans le cadre de l'ADEGE et en appui sur leurs Conseils scientifiques, les EID et le service de démoustication de La Martinique (André Yébakima) vont saisir le ministère de la Santé afin qu'une coordination des recherches et de la surveillance leur soit confiée en France.

Dans " EID-info " n° 13, avril 1998

SALINS DE FRONTIGNAN : OBSERVER, GERER,... VISITEZ ! 

Convention signée le 23 mars dernier : l’EID Méditerranée est officiellement investie d’une mission de gestion opérationnelle des anciens salins de Frontignan la Peyrade. Fruit d’un partenariat avec le Conservatoire du littoral, propriétaire du site, et la Ville de Frontignan, gestionnaire déléguée, cette mission est pour l’EID une reconnaissance de ses compétences et ouvrira dans un proche avenir sur une vitrine dynamique de découverte et d’information au service d’un vaste public.

Les salins de Frontignan la Peyrade sont une zone humide constituée par des milieux naturels banals à l'échelle du littoral méditerranéen, représentatifs des milieux où intervient l'EID Cette dernière procède depuis près de quatre décennies à l'observation et au traitement du site et de ses environs, intégrés à son périmètre d'action. 

Cet espace, équidistant des agglomérations montpelliéraine et sétoise, présente l'avantage d’être aisément repérable depuis la route nationale qui le borde et de se situer dans le prolongement direct de l'agglomération frontignanaise à partir de laquelle il est facilement accessible à pied (avec possibilités de parking à la jonction de la ville et du site) ou à vélo.

L'idée de base repose sur l'utilisation du parcellaire du salin et la disponibilité en eaux de salinité variable pour reconstituer et présenter à échelle réduite un éventail significatif des biotopes larvaires de moustiques sur le littoral méditerranéen et des suivis associés. 4 immeubles et un embarcadère sont implantés sur le site : aujourd'hui hors d'eau mais inutilisables en l'état, ils feront l’objet d’une étude en vue d’une conservation partielle et d’une réhabilitation.

UNE DEMARCHE DE PROXIMITE

Un plan de gestion va être élaboré par un comité de pilotage (*) composé de représentants des trois parties au projet. D’ores et déjà, quelques idées maîtresses émergent : ainsi, le site pourrait être considéré comme une base scientifique et technique ouverte en partie au grand public (avec un objectif de loisir vert, convivial, distractif et pédagogique), accessible, sur des périmètres réservés, aux membres de la communauté universitaire et scientifique désireux d'y procéder à des études et à des échanges.

En amont de la promotion du site auprès d’un vaste public, l'EID souhaite toucher prioritairement les populations autochtones (Frontignan, Hérault, Languedoc-Roussillon), jeunes (ouverts aux messages " comportementaux " et excellents relais d'information vers les adultes) et urbaines. A cela quatre raisons essentielles :

- l'aspect culturel (histoire du site et de sa micro-région, racines, identité)

- l'aspect patrimonial (appartenance du site à la collectivité, c'est à dire au citoyen-contribuable)

- l'aspect environnemental (apprentissage d'une faune et d'une flore, souvent à partir de zéro pour les plus jeunes, y compris autochtones)

- l'aspect information de service (messages concrets du type " éducation civique et sanitaire ").

Les trois partenaires ont convenu que la recherche de publics extérieurs à la région, en particulier d'estivants, est sujette à réflexion, pour des raisons de pression sur le site (quantité de visiteurs assumable) et d'efficacité (ciblage des messages).

DES ACTIVITES MULTIPLES 

5 types d’activités ont été recensés, pouvant être modifiés ou complétés dans le plan de gestion à venir : observations et gestion, études et expérimentations, communication et animations, formation et recherche appliquée, relations extérieures. Il s’agira de permettre à chaque activité de se développer sans nuire à aucune autre, de sorte que l'espace global pourrait être compartimenté (affectation de lieux à tel ou tel type d'activités, sans s'interdire des vases communicants).

Observations, gestion

Suivi de l'évolution du milieu par rapport à la gestion hydraulique, avec :

- recherches de corrélations milieu-végétation

- recherches de corrélations milieu-faune aquatique (dont, prioritairement, moustiques et chironomes)

- ajustement de la cartographie écologique

Gestion des terrains et de l'hydraulique, réalisation de travaux, notamment : aménagement de sentiers de découverte avec bornes didactiques.

Constitution d'une banque de données cartographique informatisée au 1/5000 s'intégrant dans la cartothèque de l'EID concernant la topographie, le réseau hydraulique, la flore et la végétation, la carte écologique. 

Etudes, expérimentations

- Essais et suivi de méthodes de contrôle

- Etude d'impact sur le milieu et la faune non cible

- Mise en place d'un modèle réduit de traitement des eaux usées des bâtiments (lagunage), afin de poursuivre des études (Bacillus sphaericus) à des fins expérimentales et démonstratives en zones urbaines

- Utilisation de gîtes larvaires urbains volontairement intégrés aux bâtiments

- Utilisation de l'espace, dans le cadre des partenariats conventionnés de l'EID pour expérimenter la colonisation ou le maintien d'espèces végétales menacées ou menaçantes

- Accueil de toute structure universitaire, scientifique ou technique désirant utiliser les installations et le site pour études ou expérimentations

Communication, animations

Selon l'étendue des locaux et les implications financières de leur réhabilitation, il faudra distinguer entre un espace (ou une série d'espaces communicants) d'expositions et démonstrations permanentes, affecté aux parties au projet et un espace affecté à des expositions ponctuelles, ouvert à d’autres organismes dont l'activité et la présence conjoncturelle sur le site sont liées à la gestion des zones humides littorales.

En ce qui concerne l'EID, pourraient être retenues les propositions suivantes :

Présentation de l’établissement et des méthodes de contrôle des moustiques en milieux naturel et urbain, accompagnée de préconisations préventives :

* en milieu naturel :

- sentier de découverte, avec bornes informatives sur les milieux, la flore, la faune...

- démonstrations de traitements : moyens et appareillages originaux adaptés aux zones protégées (gestion des niveaux d'eau, bioinsecticides, goutte à goutte, élevage de gambusias, etc.).

* en milieu " urbain et péri-urbain ", en appui sur le bâti et ses environs immédiats : 

- aménagements simples et spécifiques d'équipements sanitaires et de tous gîtes à moustiques intradomiciliaires.

A l'intérieur du bâti, un hall d'information dynamique pourrait accueillir plusieurs dispositifs permanents ou ponctuels, existant déjà ou en projet à moyen terme :

- expositions, maquettes, cartes écologiques, inventaires de faune entomologique et de flore, éléments liés à la météorologie et à la climatologie, à l'eau, à l'air, observations de matériels vivants sur binoculaires-microscopes, reconstitution d'un espace-laboratoire (démonstrations, bacs de tests insecticides, etc.), borne multimédia interactive, etc.

Formation et recherche appliquée

Des installations d'accueil devraient contribuer à la vocation scientifique du site et à son ouverture sur l'extérieur. Un centre de formation bénéficierait ainsi aux agents de l'EID et à tous autres services de démoustication français et européens, notamment sous l'égide de l'ADEGE.

Ces installations seraient également accessibles à des organismes extérieurs, des professionnels et des étudiants qui en feraient la demande : chercheurs (entomologistes, ornithologues, spécialistes des milieux humides : botanistes, hydrobiologistes, etc.), étudiants (DESS, DEUST, etc.) français ou étrangers sollicitant régulièrement l'EID. 

Et ce dispositif pourrait être proposé au CNFPT (Centre national de la fonction publique territoriale), en recherche de ce type de site pour des interventions spécifiques sur le thème des zones humides.

Relations extérieures

Dans le bâti, une salle aménagée et dotée de moyens de diffusion audio et vidéo pourrait être affectée à toutes réunions publiques ou ciblées en vue d’explications liées au site (scolaires, grand public), de conférences thématiques, de colloques scientifiques et techniques, de séminaires (location ou prêt sur réservation).

Dans " La lettre de l’EID ", n° 3, printemps 1998 

MAITRISE ET QUALITE : UN PROJET " LIFE ENVIRONNEMENT " 

Si l'EID est un opérateur public chargé de contrôler une nuisance, elle fait valoir dans le même temps les compétences de ses techniciens dans des missions de protection et de gestion de l'environnement. Une perspective qui ouvre sur le démarrage d’une démarche-qualité, avec l’objectif d’obtenir à moyen terme une certification, et illustrée par la prochaine mise en œuvre d’un projet environnemental faisant l’objet d’une réponse à un appel d’offres dans le cadre du programme européen " Life environnement ".

Un projet dans le cadre du programme Life environnement intitulé : " Approches respectueuses de l'environnement pour la gestion d'espèces d'insectes nuisants ou vecteurs dans les espaces naturels protégés " a été proposé à l’EID Méditerranée, en partenariat avec l'Italie, l'Allemagne, l’Espagne et la Turquie. Il consiste en la mise en oeuvre de méthodologies et moyens connus, adaptés et innovants, en vue d'élaborer une gestion des insectes nuisants et/ou vecteurs de maladies, applicable aux espaces naturels protégés et, de manière durable, respectueuse de la biodiversité.

L'évolution de la réglementation impose, dans les domaines touchant à l'environnement, un effort continu de la part des collectivités. Or les techniques et pratiques dans le domaine de l'aménagement du territoire -et en particulier celui du contrôle des nuisances- évoluent rapidement et les collectivités manquent souvent de références pour orienter leurs décisions. Le programme Life doit permettre l'expérimentation de ces pratiques innovantes à l'échelle adéquate et donc la démonstration de leur efficacité technique et de leur faisabilité économique.

Ce type de programme implique une démarche démonstrative, exemplaire et reproductible. En aucun cas, il n’est question de mise en place d'études scientifiques de type fondamental.

S’il est retenu, ce projet favorisera l'emploi de nouveaux produits, méthodes et techniques dans un cadre formel et scientifique, et permettra de progresser dans le sens des objectifs intrinsèques à la norme ISO 14000.

Les pays participants sont cinq, à savoir, outre la France (E.I.D. Méditerranée) : l’ltalie, Université de Bologne ; l’Allemagne, KABS ; la Turquie, Université Hacettepe, Ankara, ce dernier pays bénéficiant d'accords d'association avec l'Union Européenne et participant dans le cadre du programme LIFE-pays tiers. 

" LIFE-ENVIRONNEMENT " : QUES ACCO ?

LIFE : L'Instrument Financier pour l'Environnement, pour le soutien au développement et à la mise en oeuvre de la politique communautaire de l'environnement (Vème programme d'action communautaire).

LIFE-Environnement : soutien aux actions novatrices et de démonstration en vue de promouvoir le développement durable dans les activités industrielles, le développement durable du territoire, et aux autres actions préparant le développement des politiques et législation communautaires.

Dans " EID-info " n° 12, févr. 1998

NORMES, PROCEDURES ET CERTIFICATION 

" Citius, altius, fortius " (plus vite, plus haut, plus fort) : cette devise bien connue, notamment dans le sport, peut aussi bien décrire le contexte de la démarche-qualité pour l’EID Il faut ajouter une autre déclinaison : " plus confortable ". Car une telle démarche n’est ni une compétition, ni une contrainte, ni une somme de pinaillages. Qui dit démarche dit progression : il ne s’agit pas de faire tout, tout de suite. Qui dit qualité dit recherche du meilleur : dans le service, donc dans l’efficacité, dans la maîtrise des effets induits d’une activité qui crée de fait une pression sur le milieu, dans la sécurité et le confort de travail des agents.

Si l'EID est un opérateur public chargé de contrôler une nuisance, elle aspire dans le même temps à faire valoir les compétences de ses techniciens dans des missions de protection et de gestion de l'environnement. Il y a donc une grande utilité, pour son personnel, et une grande nécessité, vis-à-vis de l'extérieur, partenaires et grand public, à conformer ses modes opératoires et ses procédures administratives à des normes internationales qui recoupent, par ailleurs, l'évolution législative et réglementaire française et européenne. C’est aussi, au jour d’aujourd’hui, une anticipation de l’avenir.

Le déroulement d’une telle démarche et son succès s’appuient sur la conviction et la participation de tous les échelons, services et agents. A terme (3 - 4 ans), peuvent s’ouvrir les portes d’une certification totale ou partielle de l’établissement, particulièrement dans le domaine environnemental : une occasion à saisir.

Une première étape a consisté à identifier un Comité de pilotage (constitué par le Conseil de direction : 6 membres) et un responsable-qualité coordonnant le processus (JL. Gély). Les réunions du Comité de pilotage sont distinctes de celles de la Direction. Le rôle du Comité et du responsable-qualité est d’impulser, de coordonner et de suivre l’établissement des procédures et de veiller à leur conformité avec la déclaration de principes et la politique-qualité de l’établissement (voir ci-après). Pour faciliter l'amorce du processus, connaître et appréhender les normes ISO (*), références internationales, et les transposer au contexte de l'EID, le Comité de pilotage a suivi l’été dernier un stage de formation dispensé par une structure professionnelle spécialisée. 

Mais que les choses soient claires : le contenu des procédures sera élaboré au sein-même des directions et services pour ce qui les concerne et à cette fin, il pourra être envisagé, si nécessaire, la constitution de " sous-comités de pilotage ". Ces procédures ne sont pas inscrites dans le marbre : leur suivi et leur évolution devront se faire dans le sens d’une amélioration continue. 

Le point de départ de la démarche-qualité réside dans l’affirmation d’une volonté politique que vient d’exprimer le Conseil d’administration et l’engagement ferme de l’encadrement. Ceux-ci prennent la forme d’une " déclaration de principes " et d’une " politique qualité et environnementale " pour l’établissement : deux textes généraux dont le contenu est une synthèse des préoccupations et souhaits exprimés dans la maison et qui ne sont pas figés dans le temps. 

La déclaration de principes

L’EID Méditerranée, établissement public administratif opérateur des collectivités territoriales de la région Languedoc-Roussillon et du département des Bouches-du-Rhône, se reconnaît deux raisons d’être qui forment le corps de sa mission :

* la maîtrise soutenable du niveau de gêne causée par les moustiques.

* la mise au service des bénéficiaires de sa zone d’action des technicités acquises par l’EID dans le domaine de l’environnement. 

*

  *  *  

L’EID Méditerranée affirme conduire son action dans le strict respect de trois valeurs :

* l’affirmation de sa vocation de service public.

* la solidarité de ses programmes et de ses agents avec la préservation et la mise en valeur de l’environnement.

* la reconnaissance de ses agents et de leurs acquis comme première richesse.

*

*  *

L’EID Méditerranée se fixe pour objectif d’être reconnue comme opérateur de service public capable de catalyser des actions réalisées en partenariat dans le domaine de l’environnement, à partir des compétences acquises dans le contrôle des nuisances dues aux moustiques. C’est la voie sur laquelle s’engage l’EID Méditerranée pour assurer sa pérennité et son développement.

La politique-qualité

L’EID Méditerranée se fixe pour objectif d’être reconnue comme opérateur des collectivités publiques, capable de catalyser des actions réalisées en partenariat dans le domaine de l’environnement grâce aux activités de contrôle des nuisances dues aux moustiques. C’est la voie sur laquelle s’engage l’EID Méditerranée pour assurer sa pérennité et son développement.

Pour réaliser cette ambition légitime et indispensable, nous, Président, Administrateurs et Direction, décidons de mettre en œuvre la politique suivante :

* rechercher et renforcer l’exemplarité ; maîtriser le processus de contrôle des nuisances dues aux moustiques tout en développant l’utilisation de produits nouveaux et en remplaçant le personnel qui part en retraite.

* démontrer que l’EID Méditerranée est respectueuse de l’environnement.

* améliorer la performance interne et externe de l’EID Méditerranée, gage de notre succès :

- en réduisant les dysfonctionnements internes.

- en recherchant le progrès dans chacune de nos actions.

- en développant de nouvelles activités et/ou services auprès des collectivités territoriales de notre zone d’action.

- en accroissant nos activités hors de notre zone d’action.

Cette politique intègre, d’une manière globale et avec la volonté d’une amélioration permanente, deux principes qui ont toujours guidé l’action de l’EID Méditerranée : la qualité et le respect de l’environnement.

La politique qualité  sera intégrée à la marche globale de l’établissement, avec la volonté d’une amélioration continue dans le temps. Elle sera le vecteur principal du progrès pour préparer l’EID Méditerranée à des évolutions institutionnelles, juridiques, scientifiques et techniques incontournables. Elle amplifiera la volonté actuelle de la Direction de décloisonner le fonctionnement des services, de favoriser les transversalités et de mettre en place partout où cela est nécessaire des suivis réguliers, en particulier sous la forme de tableaux de bord. 

Dans ce contexte, l’assurance de la qualité, qui s’appuie sur la série des normes ISO 9 000, servira de support à la mise en place du système de management environnemental. Elle facilitera et pérennisera la transmission des savoir-faire, enjeu auquel l’EID Méditerranée aura à faire face dans les trois années à venir. 

L’apport positif et tangible de la qualité consistera à : 

* donner envie aux collectivités d’avoir recours aux services de l’EID Méditerranée, dans tous ses registres de compétences.

* assurer la continuité du service de l’EID Méditerranée.

La politique environnementale concrétise le besoin de l’EID Méditerranée de démontrer sa capacité à minimiser l’impact environnemental non intentionnel de son activité de contrôle des nuisances dues aux moustiques. En parallèle, l’EID Méditerranée a la volonté de s’engager dans une démarche de management de l’environnement. 

Dans cette optique, l’étape préliminaire consiste à établir un bilan de la situation actuelle, en interne et par comparaison avec l’extérieur (activités identiques et activités utilisant les mêmes produits). Le système de management environnemental qui sera mis en place s’appuiera sur la série des normes ISO 14 000. 

La certification : par choix délibéré ou par nécessité, ces systèmes (" management participatif " & maîtrise du " produit non intentionnel ") pourront être soumis à certification aux normes ISO 9 000 et ISO 14 001, pour tout ou partie des services de l’EID Méditerranée (délai prévisible : 3 à 4 ans).

Dans " EID-info " n° 11, novembre 1997

CATALOGNE : EN DIRECT DU DELTA DE L’EBRE

Le C.O.D.E., c’est le service de contrôle des nuisances de moustiques au sein de deux intercommunalités riveraines du delta de l’Ebre, au sud de la Catalogne. Cet établissement public est cousin germain des EID, avec des territoires, une méthodologie et une approche similaires. Bref : un partenaire évident en vue d’un élargissement aux relations entre organismes français et espagnols.

Cette rencontre au niveau des élus politiques a été voulue par le Président Christian Jean, afin de formaliser et d’approfondir les relations déjà anciennes entre les deux services. Par ailleurs, la Commission de coordination de l’ADEGE, réunie le 21 octobre, a étendu ce mandat à des échanges avec les quatre organismes publics de démoustication espagnols (3 en Catalogne, déjà regroupés dans l’" Agrupacio de control de vectors ", et 1 à Huelva, en Andalousie).

La visite, à laquelle participaient Didier Amadou, le docteur Cousserans et Jean-Louis Gély, s’est déroulée en trois étapes : 

        - le 27 octobre, une réunion avec Joan Roig, sénateur, maire d’Amposta, député à la Generalitat de Catalunya, et avec Daniel Rius, président du C.O.D.E., président du Consell comarcal de Montsià, a permis de dégager une parfaite communauté de vues sur les objectifs politiques d’une démarche transversale : par rapport aux Etats français et espagnols et par rapport aux instances de l’Union européenne. " On est toujours le "sud" de quelqu’un ", comme l’ont noté avec humour les élus catalans. Il est vrai que le C.O.D.E. est chaque année à la recherche de son budget et que pour ses responsables, la sensibilisation des " Barcelonais " de la Generalitat est une préoccupation que peut servir une synergie avec les services publics de Catalogne et les organismes français. Cette convergence s’est également manifestée dans la conception du rapport entre contrôle des nuisances et gestion des milieux humides : en matière de niveau d’efficacité, de gamme de produits insecticides homologués, de développement incluant l’essor d’un tourisme maîtrisé. Les deux délégations se sont accordées à promouvoir auprès de Bruxelles une approche environnementale tenant compte des modes culturels et des nécessités économiques des régions du sud de l’Europe, avec les implications que cela suppose en matière de réglementations diverses. Elles ont aussi exprimé une préoccupation commune à propos de l’environnement appréhendé comme marché économique, afin de contourner des approches commerciales qui, sous couvert de promotion de l’écologie, viseraient à faire le lit d’intérêts privés institués en lobbies au niveau européen.

        - le 28 octobre, un parcours au sein du Parc naturel du delta de l’Ebre guidé par Raùl Escosa, directeur du C.O.D.E., a permis de découvrir des sites très comparables à ceux du Parc de Camargue ainsi que plusieurs types d’aménagements légers concourant à l’information du public : tourelles d’observation, panneaux d’exposition, signalétique, mobiliers de confort, etc.

        - une réunion plénière à la mairie de Deltèbre a permis d’échanger avec le Président du C.O.D.E., une douzaine de maires de sa zone d’action, la présidente du Parc naturel du delta de l’Ebre et la directrice de l’Institut pour le développement des comarques de l’Ebre (dépendant de la Generalitat). Les convergences constatées la veille ont été confirmées. Justifiant la formalisation d’une telle coopération à l’échelle européenne, Raùl Escosa a signifié que le contrôle des nuisances rapporté à la gestion des zones humides " n’est pas question d’idéologie mais de territoire ". Présentant son service, il a mis en évidence les nombreuses similitudes avec l’EID, comparant la situation actuelle du C.O.D.E. avec celle des débuts de l’Entente au milieu des années soixante. La seule différence réside en l’existence d’un laboratoire au sein de l’EID, dont le Président Jean a indiqué que le C.O.D.E. pouvait se rapprocher en tant que de besoin.

Plusieurs pistes de réflexion et décisions ont été arrêtées à cette occasion :

        - le contrôle des nuisances est perçu de part et d’autre, y compris par la présidente du Parc du delta de l’Ebre, comme un acte de gestion parmi d’autres. D’ailleurs, le C.O.D.E., comme l’EID, développe des missions " connexes " d’observation et de valorisation des milieux sur lesquels il intervient. Une conclusion partagée est que le mot " démoustication " est de plus en plus inadapté à décrire la diversité des compétences et la réalité des missions des deux établissements publics et que ce faisant, il entretient une ambiguïté fâcheuse auprès de partenaires extérieurs potentiels. Les présidents ont convenu qu’un changement d’enseigne était à l’ordre du jour.  

        - le soumissionnement à des appels d’offres européens nécessite le plus souvent des candidatures croisées (en provenance de plusieurs pays ou régions de l’Union). Deux domaines ont été évoqués : les actions de gestion en zones humides, la coopération extra-européenne (Europe de l’Est, Maghreb, etc.), notamment en appui sur l’Entente interdépartementale de l’Arc méditerranéen, en cours de constitution, regroupant les Conseils généraux maritimes de la façade sud à l’initiative des Départements de l’Hérault et des Bouches-du-Rhône. 

        - le regroupement est indispensable pour prétendre " lobbyer " auprès des instances communautaires, particulièrement en matière d’homologation de produits.

        - une délégation d’élus et de responsables du C.O.D.E. viendra à Montpellier fin janvier et signera à cette occasion un protocole avec l’EID Dans la foulée, les 3 organismes publics catalans prévoient de proposer au service de Huelva la mise en oeuvre d’une convergence espagnole comparable à l’ADEGE (rencontre envisagée au début du printemps). Et dans le courant du premier semestre de 1998, les quatre établissements ibériques et les membres de l’ADEGE devraient créer une structure transversale (probablement une association transnationale) que pourront rejoindre par la suite d’autres services publics de démoustication européens.

Dans " EID-info " n° 12, février 1998

C.O.D.E. - EID : RENCONTRE DE DEUX " SUDS " 

Deuxième étape dans les relations franco-espagnoles en matière de contrôle des nuisances de moustiques et de gestion de zones humides littorales : la convention entre le C.O.D.E. (delta de l’Ebre) et l’EID Méditerranée. Largement inspiré de la convention régissant l’ADEGE, ce protocole bilatéral devrait introduire la création d’une structuture européenne formelle et plus vaste.

La délégation d’élus et responsables administratifs espagnols en visite auprès de l’EID les 28, 29 et 30 janvier faisait écho à celle effectuée dans le delta de l’Ebre, en octobre dernier, par Christian Jean, Didier Amadou, Jean-Louis Gély et le Docteur Cousserans. Composée d’une vingtaine de personnes, elle était conduite par Monsieur Daniel Rius, président du Consell comarcal de Montsià et président du C.O.D.E. (Consorcl de serveis agroambientals de les comarques del Baix Ebre i Montsià) et Monsieur Joan Roig, sénateur, député à la Généralité de Catalogne et maire d’Amposta. A noter la présence du directeur général des structures agricoles de la Généralité de Catalogne, de deux élus à la députation de la province de Tarragone et de la présidente du Parc naturel du delta de l’Ebre 

L’objectif de cette visite était double : 

        - signer une convention liant l’EID Méditerranée et le C.O.D.E. (voir encadré) en vue de formaliser les échanges entre les deux établissements publics : c’est le prémice à la conclusion d’un protocole plus vaste entre l’ADEGE et le regroupement en cours des quatre organismes publics espagnols (delta de l’Ebre, Castello d’Empuries, Aiguamolls, Huelva - Andalousie). A partir de cette convergence, il sera proposé qu’une association transnationale voie le jour au niveau européen, regroupant de proche en proche les services publics de contrôle de nuisances dans les pays de l’Union européenne.

        - découvrir ou confronter des réalisations et dispositifs concrets sur le terrain, en matière de contrôle de nuisances et aussi en matière de gestion des zones humides littorales (observation, cartographie, suivi des systèmes littoraux, reconstitutions dunaires, etc.).

Dans " EID-info " n° 5, octobre 1996

S.O.V.E. (Society for vecteur ecology) : L’EID A STRASBOURG

Le dixième congrès de la branche européenne de la S.O.V.E. (Society for vector ecology) s’est tenu en France, à Strasbourg, du 2 au 6 septembre 1996. La première édition avait eu lieu dans les locaux de l’EID Méditerranée, en 1986. Cette session, organisée par nos collègues du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, de l’EID Rhône-Alpes et de la KABS allemande, a vu la participation d’une solide délégation de l’EID Méditerranée.

L’utilité de telles rencontres est de contribuer à faire progresser la connaissance de l’épidémiologie des maladies transmises par les vecteurs et des moyens de leur contrôle. Concernant la France, le représentant du Conseil général du Haut-Rhin a souhaité la fédération des divers conseils scientifiques et techniques dans un souci de meilleure efficacité. Et durant cinq jours, six thèmes ont été abordés concernant pour l’essentiel les moustiques.

EPIDÉMIOLOGIE DES MALADIES TRANSMISES PAR LES VECTEURS

Le paludisme a occupé la majeure partie de la session. D’autres affections transmises par divers vecteurs ont également été présentées, comme la maladie de Lyme, la dengue, les fièvres hémorragiques, les filarioses, les leishmanioses, etc... Il a été insisté sur une meilleure connaissance des vecteurs afin d’affiner la stratégie de lutte.

DIVERSITÉ GÉNÉTIQUE DES MOUSTIQUES ET PLUS SPÉCIALEMENT DES ANOPHÈLES

Il a été fait référence aux Anophèles tropicaux, vecteurs du paludisme. Les études génétiques montrent une diversité bien marquée dans le domaine de la transmission de la maladie. Des travaux sur le démembrement des complexes Anopheles claviger et Anopheles maculipennis ont été présentés. Une étude sur l’écologie d’Aedes caspius et d’Aedes detritus sur la côte atlantique française confirme les résultats des travaux effectués sur le littoral méditerranéen français, en particulier pour les espèces A et B d’Aedes detritus.

TAXONOMIE DES MOUSTIQUES

Il a été montré que si les méthodes taxonomiques classiques étaient indispensables, elles devaient être complétées par des méthodes modernes faisant appel à l’électrophorèse des isoenzymes en particulier. Dans ce cadre, nos collègues espagnols ont présenté un travail sur les caractères d’autogénèse et de sténogamie des populations de Culex pipiens de la région de Barcelone. Ils ont montré une corrélation entre l’expression de ces caractères et la typologie des gîtes.

L’ORSTOM a proposé un logiciel permettant de déterminer les principaux caractères des espèces d’Anopheles des régions tropicales.

CONTRÔLE DES MOUSTIQUES, INSECTICIDES ET RÉSISTANCE

Les interventions ont montré que la résistance aux insecticides n’est pas directement dépendante du contrôle des vecteurs, mais surtout du mixage et de la dispersion de leurs populations.

Un travail sur l’évolution de la résistance chez Culex pipiens par l’étude des estérases a été proposé par le responsable de la démoustication du Haut-Rin.

Le BTI (bacillus thurigiensis israeli) a fait l’objet de plusieurs communications. Il a été notamment

confirmé la courte durée d’action du complexe spore-cristal de toxine.

Plusieurs intervenants ont présenté les résultats d’études faites sur l’efficacité et l’impact du méthoprène (analogue d’hormone juvénile). Ils ont souligné son innocuité sur la faune non cible et sa difficulté d’emploi, confirmant les résultats des recherches effectuées par le laboratoire de l’E.I.D. Méditerranée.

TIQUES - SIMULIES - MOUCHES - BLATTES - CERATOPOGONIDÉS - PHLÉBOTOMES

Diverses maladies transmises par ces vecteurs ont été présentées. Il a été fait également référence au rôle important de certains d’entre eux dans le domaine de la nuisance (ceratopogonidés - simulies, etc...). Nos collègues de l’EID Atlantique ont produit une communication sur le seul exemple de lutte contre les simulies existant en France.

MOUSTIQUES ET COMMUNICATIONS DIVERSES

Plusieurs études ont été présentées concernant Aedes albopictus : sur l’extension progressive de ce moustique en Europe à partir de son foyer originel asiatique, sur son rôle très important comme vecteur d’arboviroses (dengue), sur les conditions de sa cohabitation avec Culex pipiens en Europe, sur son extrême plasticité.
Une intervenante algérienne a proposé un travail sur les lieux de ponte d’Aedes caspius en relation avec la quantité de matière organique et la salinité des substrats. Cette étude, initiée par la Faculté des Sciences de Marseille, a abouti à des résultats conformes à ceux obtenus par le laboratoire de l’EID Méditerranée. 

Une session consacrée à la présentation de posters a permis de découvrir de nombreux travaux relatifs aux vecteurs et aux moyens de les contrôler. L’EID Méditerranée a participé à l’élaboration d’un document sur l’emploi du BTI, en collaboration avec d’autres organismes français ou étrangers.

Il faut noter l’innovation consistant en la création d’ateliers réunissant des spécialistes sur un thème très précis. Les représentants de l’EID ont participé à trois d’entre eux sur les six proposés.

Dans " EID-info n° 11, novembre 1997

CONGRES INTERNATIONAL DE LA S.O.V.E. (Society for vector ecology) :  CAP SUR LES VECTEURS

Le second congrès international sur l’écologie des vecteurs, sous les auspices de la SOVE (Society for vector ecology), s’est déroulé du 19 au 24 octobre derniers à Orlando (Etats-Unis). Il avait pour thème général la réalisation d’un contrôle antivectoriel raisonné au travers d’une meilleure compréhension écologique.  

Bien que ce thème ait laissé la porte ouverte à des sujets très variés, il a cependant donné l’occasion à nombre de chercheurs de présenter des études et des méthodologies parfois originales où il est tenu compte des paramètres écologiques comme indicateurs voire comme moyens de lutte contre les arthropodes, moustiques en tête, vecteurs de maladies virales ou parasitaires : la malaria transmise par Anopheles en Afrique centrale, la dengue par Aedes aegypti, de nombreuses arboviroses en Australie... 

Un des buts est de gérer rationnellement l’utilisation des moyens de lutte (traitements spatiaux, moustiquaires imprégnées, participation active des populations, etc...), ceci en réponse au problème toujours préoccupant de l’apparition de phénomènes de résistance, non seulement des arthropodes-vecteurs envers les insecticides, mais aussi de certains pathogènes vis-à-vis des moyens thérapeutiques. 

RECHAUFFEMENT

L’inquiétude que provoque l’hypothèse du réchauffement de la planète et les conséquences qu’il peut avoir sur la dispersion des vecteurs semble ici tangible et prise au sérieux. Ainsi, l’intérêt pour la télédétection, notamment couplée aux systèmes d’informations géographiques (SIG), s’est ravivé pour la collecte et la gestion des données et l’analyse des maladies lorsque celles-ci dépendent du climat et de la configuration du paysage. Objectif : la surveillance des habitats de moustiques vecteurs et la mise au point de systèmes d’alerte précoce, tenant compte en particulier des fluctuations locales du climat.

La simulation de la dispersion des vecteurs à l’aide de modèles mathématiques intégrés est également un outil intéressant qui tient compte à la fois de leur comportement, d’un nombre important de facteurs spatiaux et temporels et de l’estimation du risque sanitaire. Toutefois, ces modèles prometteurs semblent encore relativement compliqués à mettre en œuvre. Une étude éloquente mais ponctuelle (nuisance due aux fourmis) montre pourtant qu’il est possible de réduire d’environ 80 % l’utilisation d’insecticides par la localisation des foyers et la simulation mathématique de la dispersion.

L’invasion rapide du sud-est américain par Aedes albopictus, espèce au potentiel vecteur reconnu, confirme la très grande adaptabilité de cette espèce qui supplante et remplace en l’espace de quelques années l’espèce indigène Ae. aegypti. L’écologie et la prévention des maladies transmises par les tiques (Borrelia burgdorferi) et les rongeurs (Arenavirus, Rickettsies,...) ou encore la leishmaniose font l’objet, spécialement aux USA, d’une attention particulière dans plusieurs universités et centres de recherche.

Enfin, et ce n’est pas le moins intéressant, ce congrès de la SOVE, comme ceux qui l’ont précédé, est une réelle opportunité de rencontrer ou de retrouver des gens préoccupés par des sujets identiques ou voisins des nôtres. Les liens qui s’y sont noués, notamment avec les autres organismes ou chercheurs européens, ont donné lieu à des projets de collaboration dont certain(s) pourront peut-être se concrétiser prochainement...

Dans " EID-info " n° 3, avril 1996 

SAVEZ-VOUS QUE... : LES MOUSTIQUES A TRAVERS LE TEMPS (4) 

Les choses se précipitent au 19° siècle. En 1818, Meigen crée le genre Anopheles. Entomologistes et biologistes continuent leurs études; le nombre d'espèces augmente, biologie et écologie sont précisées. 

En 1820, Pelletier et Caventou isolent le principal alcaloïde des quinquinas qui, sous le nom de quinine, sera utilisé pour traiter les crises de paludisme, maladie qui sévissait alors partout en France et causait des ravages. C'est ainsi qu'en 1868 l'ingénieur en chef des ponts et chaussées de l'Hérault, P. Régy, fait un rapport sur "l'assainissement du littoral méditerranéen du département de l'Hérault" dans lequel il insiste sur le fait que l'âge moyen des décès, qui est de 36,75 ans pour la France, tombe à environ... 15 ans à Palavas, 18,5 ans à Mireval, 21,5 ans à Vias, etc..., alors qu'il est conforme à la moyenne nationale dès qu'on s'éloigne des marais et des étangs.

Mais revenons aux moustiques. En 1827, dans son "Essai sur la tribu des Culicides", Robineau-Desvoidy recensait 6 genres (il en existe actuellement plus de 30), décrivait 54 espèces du monde entier (on en compte aujourd'hui plus de 3 000) et s'interrogeait sur l'alimentation sanguine: "C'est une chose assez singulière que ces insectes d'origine aquatique se trouvent tout à coup, vers le terme de leur existence, doués d'un instinct qui les porte à se rassasier de liquides animaux et principalement de sang humain. La cause de cet instinct reste à jamais impénétrable à nos systèmes et à nos théories." 

Vesr 1850, une nouvelle catégorie de chercheurs se penche sur eux: ce sont des médecins. En 1848, l'un d'eux, dans le sud des Etats-Unis, et six ans plus tard, un autre, cette fois au Venezuela, suggèrent que paludisme et fièvre jaune sont transmis par les moustiques. Ce n'est pas la première fois que cette suggestion est faite puisque la première mention qui soit parvenue jusqu'à nous date d'environ 500 avant notre ère: en Inde, un prêtre brahmane, Susrata, déclarait déjà que les moustiques étaient responsables de la transmission du paludisme, mais c'est la première fois que cette suggestion est prise en considération et en moins de 50 ans la plus grande partie des maladies majeures transmises par les moustiques seront connues. 

En 1878, le médecin Laveran découvre, au cours d'un voyage en Algérie, l'hématozoaire du paludisme (un protozoaire); on sait depuis qu'il en existe plusieurs donnant des formes plus ou moins graves de paludisme. La même année, Manson démontre qu'une partie du développement d'une filaire (un ver parasite connu sous le nom de Wuchereria bancrofti et responsable de l'éléphantiasis) a lieu dans un moustique. Là encore, on a découvert par la suite qu'il y avait plusieurs filaires donnant plusieurs filarioses. C'est Manson qui suggère à Ross de voir si l'on ne trouverait pas l'agent du paludisme chez des moustiques. 

En 1881, Finlay, médecin à Cuba, publie sa théorie sur la transmission de l'agent de la fièvre jaune (un virus) par les moustiques. Il y travaillait depuis près de dix ans, mais c'est son successeur, Reed, qui, en 1900, en fournira la preuve. Cette découverte est importante car par la suite, les moustiques seront incriminés dans la transmission de plus de 100 autres virus. 

La découverte de la transmission de l'agent de la dengue (un virus) par Aedes aegypti date de 1916. Depuis, il y a chaque année de nouvelles découvertes: plus de 100 espèces de moustiques appartenant à plus de 15 genres sont incriminées dans la transmission de maladies à l'Homme ou aux animaux.  

Depuis la dernière guerre mondiale, aux entomologistes, aux biologistes et aux médecins se sont joints des écologistes, des éthologistes, des physiologistes, des endocrinologistes, des généticiens et probablement quelques autres. 

Quand on sait que les moustiques sont présents sur terre depuis environ un million d'années, donc bien longtemps avant l'Homme, on constate le chemin parcouru depuis Linné. En 1992, on recensait 3 209 espèces de moustiques appartenant à 33 genres.

Dans " EID-info " n° 4, juillet 1996

LA PREMIERE GRANDE CAMPAGNE D’INFORMATION 

Campagne de Macédoine (octobre 1915 - septembre 1918) 

Au cours de la Première Guerre mondiale, la campagne d’Orient a eu lieu en deux étapes : la première aux Dardanelles (essentiellement britannique), la seconde en Grèce et plus exactement en Macédoine (essentiellement française). C’est au cours de cette campagne, durant laquelle " c’est au moustique du paludisme qu’il fallut d’abord faire la guerre pendant deux ans " (Histoire militaire de la France, tome III), qu’une grande campagne d’information et de prévention a été mise en place. 

Dès le début de l’année 1916, le Professeur Laveran, prix Nobel pour sa découverte de la transmission du paludisme par les moustiques, préconisait une série de mesures pour cette armée stationnée en Grèce aux environs de Salonique : lutte anti-larvaire par assainissement des eaux stagnantes, distribution de quinine à titre préventif de mai à octobre. Malgré cela, du mois de juin au mois de décembre 1916, l’Armée d’Orient a compté 60 000 paludéens (plus de la moitié des effectifs) avec 630 décès et 20 000 évacuations.


Devant cet échec, on demanda aux Docteurs Edmond et Etienne Sergent de mettre sur pied une campagne d’information puisque " les officiers et les médecins eux-mêmes n’ont pas cru au danger ; ils n’ont pas cru à temps à l’efficacité des remèdes ". On créa donc en 1917 un service spécial : " la Mission paludéenne de l’Armée d’Orient " dont les deux buts principaux étaient de s’assurer que les soldats de tous grades prenaient régulièrement de la quinine et se protégeaient des piqûres en utilisant les moustiquaires qu’on leur avait distribuées, le tout soutenu par une propagande par l’image. Grâce aux mesures prises (quinine, moustiquaires et campagne d’information), il y eut en 1917 dix fois moins de cas de paludisme de première invasion qu’en 1916 et 23 fois moins de décès alors que les effectifs avaient doublé.

L’a