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09 Octobre 2018
Santé

West Nile virus - Un épisode européen frappe à notre porte

Depuis début juillet, une épidémie de virus West Nile se développe, d’est en ouest, à partir des confins de l’Europe orientale et centrale. En France, jusqu’ici cantonné, depuis début août, aux Alpes-Maritimes, à raison d’une vingtaine de cas humains, ce virus a tendance à apparaître plus à l’ouest et pourrait gagner des départements d’Occitanie via l’espèce de moustiques Culex pipiens (rien à voir avec le moustique-tigre). L'avancée dans la saison et la baisse des températures devraient contribuer à une diminution des populations de l'espèce incriminée et donc des risques de transmission. 

Un épisode important à l’échelle européenne

Au 4 octobre, 1 317 cas humains cumulés depuis le début de l’épisode ont été identifiés dans une douzaine de pays européens et alentour, principalement en Italie (495), en Grèce (283) et en Roumanie (256), parmi lesquels on dénombre 142 décès.

En France, dernier pays touché, l’épisode a démarré le 6 août et est resté cantonné, pendant près de deux mois, aux Alpes-Maritimes. Aujourd’hui, 22 cas humains ont été dénombrés, heureusement sans aucun décès à déplorer. Ceux-ci commencent à s’étendre vers l’ouest : 1 cas dans le Vaucluse, 1 dans les Bouches-du-Rhône. Des cas équins sont également observés : 7 à ce jour, dont 5 dans le Gard. Il est donc possible que des départements d’Occitanie soient concernés prochainement.

La précocité d’une telle émergence à ce moment de l’année (les épisodes précédents se sont déclarés en cours d’automne), la localisation de ce virus en zones urbaines, expliquant le nombre important de cas humains enregistrés, et sa progression territoriale confèrent à cet épisode un caractère exceptionnel.

Vecteur : le « moustique commun » urbain Culex pipiens

Le virus West Nile est une maladie virale transmise par des moustiques du genre Culex (Culex pipiens, qu’on trouve en zones rurales et urbaines), qui se contaminent en piquant des oiseaux migrateurs infectés. Ces moustiques principalement « ornithophiles » peuvent aussi piquer les mammifères, particulièrement chevaux et humains, et ainsi leur transmettre ce virus. Mais ces derniers, à la différence des oiseaux, sont des « culs-de-sac », c’est-à-dire qu’ils ne peuvent pas retransmettre à leur tour ce virus (à l’inverse d’autres virus).

La plupart du temps, les personnes contaminées ne présentent aucun symptôme, mais dans certains cas, la maladie se manifeste par un syndrome « pseudo grippal » (fièvre, maux de tête, douleurs musculaires), quelquefois accompagné d’une éruption cutanée. Elle peut, plus rarement (1 cas sur 150, selon l’Organisation mondiale de la santé / OMS), provoquer des complications neurologiques graves. Ces complications concernent le plus souvent des personnes âgées, en proie à une pluralité de problèmes sanitaires, auxquels le virus West Nile vient se surajouter, parfois fatalement.

Des épisodes de virus West Nile ont précédemment eu lieu en France métropolitaine, mais dans des dimensions très inférieures à celle observée aujourd’hui : principalement dans les Bouches-du-Rhône, le Gard et l’est héraultais (en milieux camarguais, au sens large) au début des années 1960, en 2000, 2004 et 2015, dans le Var en 2003 et dans les P-O (embouchure de la Têt) en 2006. Les transmissions vectorielles se sont quasi-exclusivement cantonnées à des secteurs ruraux / zones humides littorales, et n’ont donc concerné que des chevaux (à l’exception de quelques cas humains, bénins, observés lors du petit épisode varois de 2003).

Surveillance, prévention et possibles traitements antivectoriels

La circulation du virus est actuellement suivie par les autorités de l’État, compétentes en matière de santé publique et animale (la Direction générale de la santé / DGS et l’ARS PACA, pour le moment seule concernée, ainsi que la DGAL et les DDPP pour le volet équin) par un triple dispositif de surveillance : chez les humains, chez les chevaux et chez les oiseaux.

L’ARS PACA a publié plusieurs communiqués de presse, appelant à la vigilance des professionnels et des établissements de santé pour signaler tout nouveau cas suspect et préconisant à l’attention de la population des gestes et démarches préventifs du Culex pipiens urbain.

L’EID Méditerranée a été sollicitée courant septembre pour quelques opérations liées à une phase encore restreinte de l’épisode : pose de pièges de capture, traitements larvicides au Bti sur la voie publique… Mais en prévision que le nombre de nouveaux cas croisse encore et que la transmission de virus continue de s’étendre géographiquement, l’opérateur EID a pris sans attendre, dès début septembre, deux initiatives générales :

  • demande à la DGS  de prendre les dispositions nécessaires pour que les interventions éventuelles à venir concernant le virus West Nile bénéficient d’un cadre juridique et financier : les arrêtés préfectoraux ont été adaptés dans ce sens et les conventions liant les Départements et l’EID sont en voie, elles aussi, d’adaptation. Dans l’attente, c’est la DGS qui assure le financement de l’ensemble des actions.
  • proposition d’une stratégie de modalités d’intervention de lutte antivectorielle « adulticide » (traitement des moustiques à l’état adulte), adaptée au vecteur ici concerné, le moustique Culex pipiens, dont les gîtes de reproduction en zones urbaines sont plus nombreux et les capacités de déplacement plus étendues que ceux du moustique-tigre.

Elle a pris également, depuis lors, des initiatives opérationnelles, en proposant à la DGS des actions « adulticides » en application de la stratégie supra.

Cette anticipation aura d’ailleurs montré son intérêt puisque les autorités sanitaires (DGS et ARS PACA) ont validé, sur proposition de l’EID, la réalisation d’un traitement « adulticide » à Marseille, le 5 octobre.

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