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18 Septembre 2015
Santé

Virus - « West Nile » : le retour

Ce virus circule au sein de la population des oiseaux migrateurs. Venant de la région de West Nile, en Ouganda, ce « pathogène » (en français : « virus du Nil occidental ») est transmis par des moustiques du genre Culex, en particulier Culex pipiens et Culex modestus, en zones humides littorales (là, le « moustique tigre » n’y est pour rien !). Pour la première fois depuis 2006, dix-huit cas équins ont été recensés, depuis le 1er septembre, entre Camargue et Gardiole, à cheval (si on peut dire) sur trois départements (13, 30, 34).

Les oiseaux seuls réservoirs de virus

Le virus West Nile touche les oiseaux et peut toucher les chevaux ou l’Homme, mais sa particularité est que parmi ces trois catégories, seuls les oiseaux peuvent infecter les moustiques vecteurs (on dit qu’ils sont des « hôtes réservoirs »). Quant aux mammifères, tels les chevaux et les humains, ils sont des culs-de-sac épidémiologiques, c’est-à-dire que lorsqu’ils sont infectés, ils ne peuvent pas transmettre la maladie à leur voisinage, ni directement ni via la piqûre d’un vecteur. Les moustiques s‘infectent donc obligatoirement sur un oiseau malade. Et s’ils piquent ensuite un mammifère, ils peuvent lui inoculer le virus West Nile.

Les moustiques vecteurs surveillés dans l'hexagone

En France métropolitaine, le dernier cas de ce virus remonte à 2006. À ce titre, depuis 2004, le ministère de la Santé a mandaté l'EID Méditerranée, afin de renforcer la surveillance des moustiques vecteurs en métropole, plus précisément dans les départements méditerranéens (en régions PACA et Languedoc-Roussillon). La  surveillance s’active lors de la détection de cas aviaires, équins ou humains

En France, pour la première fois depuis 2006, 18 cas équins du virus West Nile ont été successivement signalés dans les Bouches-du-Rhône, le Gard et l’Hérault (situation au 15 septembre 2015).

La surveillance se traduit par des diagnostics entomologiques, une estimation du risque, des captures de moustiques (pour identifier avec certitude les espèces vectrices) et, si nécessaire, la mise en œuvre de mesures de lutte antivectorielle ciblées.

Essentiellement en zones humides littorales

Les espèces vectrices sont particulièrement abondantes dans les zones humides de Camargue, jusqu’en octobre. La multitude de gîtes larvaires à Culex et les déplacements réguliers et imprévisibles des oiseaux sur de grandes distances rendent la circulation du virus West Nile très difficile à prévoir. De nombreuses zones d’ombre persistent encore sur l’écologie de ce virus, qui circule pourtant régulièrement, à bas bruit, dans nos régions.

En 2015, des cas d’infection humains du virus West Nile  ont été rapportés aux États-Unis (493 cas) ainsi qu’en Europe : en Autriche (1 cas), en Hongrie (2 cas), en Italie (6 cas), en Roumanie (2 cas) et au Portugal (4 cas). À ce jour, aucun en France.

Pour en savoir plus sur les troubles causés par ce virus : 

Ministère des Affaires sociales, de la Santé et des Droits des Femmes

Agence Régionale de la Santé (ARS) Languedoc-Roussillon