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06 Octobre 2014
Chikungunya / Dengue

Vecteur - Un soupçon de dengue mais pas de chikungunya

C’est fin août, à Toulon (Var), qu’est intervenu le premier cas de transmission vectorielle autochtone (*) de l’année, par le « moustique tigre », en France métropolitaine. Et alors que tout laissait penser que tôt ou tard, on rencontrerait des cas autochtones de chikungunya, en raison de l’épidémie qui s’exprime depuis plusieurs mois dans les départements français des Antilles et en Guyane, c’est de dengue qu’il s’est agi.

Cas autochtones

Malgré les milliers de nouveaux cas hebdomadaires qui se déclarent outre-Atlantique, pas une seule transmission autochtone de chikungunya n’a été enregistrée dans l’hexagone, alors que trois autres cas autochtones de dengue ont été identifiés depuis lors : un autre à Toulon (mais sans rapport avec le premier), un troisième à Aubagne (Bouches-du-Rhône), dans la seconde quinzaine de septembre, et un quatrième, toujours à Aubagne, une dizaine de jours après le précédent et à 50 mètres de distance seulement.

Traitements antivectoriels

Conformément au plan national antidissémination du chikungunya et de la dengue (que le ministère de la Santé a haussé en niveau 2 dans tout le Var et même en niveau 3 dans les Bouches-du-Rhône, en raison de la proximité en distance et en temps des deux cas aubagnais, qui laisse supposer qu'ils sont liés), la procédure de traitement de LAV (lutte antivectorielle) a été déclenchée là où les personnes virémiques ont résidé et transité, et si la présence du "moustique tigre" vecteur y a été identifiée. Des interventions effectuées par l’EID Méditerranée, dont l’efficacité est à mettre en rapport avec l'absence de chaîne vectorielle consécutive.

Modération médiatique

Il faut noter que ces cas, qui se comptent à peine sur les doigts d’une main, n’ont pas provoqué d’émotion particulière dans les communes concernées et encore moins en région PACA et dans le pays. Sur le plan médiatique, si la couverture de presse qui en a résulté a été relativement dense dans les supports locaux, mais juste le lendemain de l’annonce des cas par l’ARS (agence régionale de santé), elle a été plutôt mince au niveau national et des autres régions (simples brèves ou entrefilets).

Et il est où le chik ?

À quelque encablure de la diapause (hivernation) du « moustique tigre », si le compteur reste à zéro, dans le registre du chikungunya autochtone – ce dont on ne se plaindra pas –, il sera utile de s’interroger sur le pourquoi de cette tranquillité. Une tranquillité relative, toutefois, car le nombre de cas importés (*), suspects ou avérés, a sensiblement progressé cette année (287 signalements), justifiant, à ce jour, près de 80 opérations de traitement antivectoriel entre Menton et Cerbère, à la diligence de l’EID Méditerranée (voir article "Le point sur les traitements de LAV").

(*) un cas « autochtone » est un cas contracté sur place par une personne qui n’a pas voyagé et qui a été piquée par un moustique vecteur du cru, par opposition à un cas « importé », relatif à une personne qui a été piquée par un moustique vecteur infecté dans une région du monde où sévit la maladie et qui est rentrée chez elle en état de virémie.

http://ars.paca.sante.fr/Dengue-Chikungunya.115419.0.html

www.albopictusLR.org