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09 Octobre 2018
Opérationnel

Moustiques - Quid des pièges ?

Les pièges à moustiques sont développés et commercialisés depuis de nombreuses années : ils capturent les moustiques en les attirant au moyen de certains stimuli, en fonction des stades ciblés (adultes, larves). Beaucoup de publicité et un marché, assurément, surtout avec l’arrivée du moustique-tigre... Mais qu’est-ce qui marche et qui marche moins ? C’est une question souvent posée. Quelques éclairages selon les types de pièges et les espèces visées.


Comment fonctionne un piège ?  

Trois catégories de pièges sont à distinguer : à oviposition – lumineux – à CO2.

Les pièges émettent un stimulus qui va tromper les moustiques et les attirer :

  • Les pièges à oviposition sont spécialisés : l’eau attire les femelles de moustiques-tigres (voire de Culex, moustique commun) qui cherchent à pondre puis les pièges les emprisonnent ou les noient, voire empêchent les larves de se développer. Les pièges agissent donc sur la descendance.
  • Les pièges lumineux désorientent les insectes la nuit et les attirent. Mais chez nous, très peu de moustiques sont nocturnes (ils ne sont que crépusculaires). Donc très peu de nos moustiques nuisants sont attirés par ce type de pièges.
  • Les pièges à CO2 attirent les femelles agressives qui cherchent à piquer et un système d’aspiration les emprisonne.

Les fabricants conçoivent chaque piège pour un usage : espèces ciblées (urbaines et/ou rurales), facilité de maintenance (gaz, attractif, branchement, autonomie), choix de l’emplacement (dans le jardin, en ville ou à l’extérieur de la ville).

Les pièges sont-ils sélectifs ?

Toutes les espèces de moustiques présentes dans notre région n’ont pas les mêmes comportements : certaines piquent l’Homme et d’autres pas, certaines piquent la journée et d’autres la nuit, soit à l’intérieur, soit à l’extérieur des habitations. Le système de piégeage choisi doit être adapté à l’espèce de moustique ciblée :

  • Les pièges à CO2 ont une conception qui leur permet d’être très sélectifs : seuls les insectes qui ont besoin de piquer vont être attirés par ces pièges, qui imitent la respiration humaine.
  • Il n’existe pas de piège à tout faire ! La forme du piège et les attractifs supplémentaires vendus par chaque fabricant (octenol, acides lactiques, etc) vont permettre de cibler certaines espèces ou des groupes d’espèces (moustiques-tigres vs moustiques des marais).
  • Les pièges à oviposition ne ciblent que les moustiques-tigres, voire les Culex (moustique commun, également urbain).
  • Les pièges lumineux ne sont pas adaptés car ils vont capturer tous les insectes qui se déplacent la nuit et pas uniquement les moustiques.

Les pièges sont-ils efficaces ?

Une lutte uniquement à base de pièges peut être efficace pour des espèces présentant une à deux générations annuelles et peu abondantes. Mais ce n’est malheureusement pas le cas des deux espèces les plus nuisantes dans notre secteur : Aedes caspius (moustique issu des zones humides) ou moustique-tigre Aedes albopictus (moustique urbain), qui comportent de fortes densités et de nombreuses générations par an.

En outre, l’utilisation d’un seul piège à CO2 par un particulier  n’aura aucun effet sur des populations de moustiques agressifs. Par contre l’utilisation de pièges en stratégie collective, comme une barrière  de pièges entre la zone à protéger et la zone de production (marais/habitation), ou un réseau suffisamment dense de pièges sur la  zone à protéger, sont des pistes explorées. Ainsi, la configuration du piégeage pourrait être efficace dans certaines conditions :

  • contre le moustique-tigre Aedes albopictus, en complément de mesures antilarvaires, à titre individuel et collectif, telles que la réduction physique du nombre de gîtes de production (vider, couvrir, curer..). Les pièges ne doivent donc pas entraîner l’arrêt de comportements préventifs.
  • contre l’espèce issue des zones humides Aedes caspius, avec l’installation de pièges en barrière (soit en tampon entre la zone humide productrice de moustiques et la zone urbaine à protéger, soit entourant une zone à protéger), si la zone humide productrice de moustiques n’est pas trop vaste et, là encore, en complément de traitements antlarvaires que seuls peut effectuer un opérateur ou service spécialisé tel que l’EID.

Aujourd’hui le piégeage peut-il remplacer les autres méthodes de lutte ?

Le piégeage peut être envisagé comme complément d’une stratégie de lutte antilarvaire ou de réduction des gîtes, mais il ne peut pas, à lui seul, résoudre de façon significative la nuisance des moustiques issus des zones humides, tels qu’Aedes caspius, ou présents en milieu urbain, tels qu’Aedes albopictus (moustique-tigre). Les scientifiques et les opérateurs travaillent sur ce sujet et expérimentent. Mais ils ne fabriquent ni ne diffusent aucun piège.

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