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14 Juin 2019
Moustique tigre

Moustique-tigre 1 - Revoilà le fauteur de troubles

Nous voilà entre printemps et été et comme chaque année le moustique-tigre (Aedes albopictus) reprend du service. Cette espèce connaît durant l’hiver, au sens large, une phase de dormance dite  « diapause » à l'état d'œuf. Et elle reprend de la vigueur très progressivement à partir de début mai, à la faveur du rallongement des jours (photopériode) et de l’élévation des températures, pour commencer à redevenir sensible fin mai / début juin. Nous y sommes donc ! Place à la prévention.Dans ce registre, les animations font déjà feu de tout bois, en appui sur les agences opérationnelles de l’EID et sur les 6 Volontaires du service civique (VSC), recrutés fin avril, qui s’investissent surtout sur des actions éducatives en centres de loisirs et en temps périscolaires. Jusqu’à fin octobre, des dates sont encore disponibles à l’attention des communes de la zone d’action de l’EID (voir encadré).

Le priver d’eau !

C’est une histoire d’eau. Depuis un bon mois, le rythme de la « renaissance » du moustique-tigre et sa visibilité sont tributaires des conditions météorologiques (pluies, températures). Et aussi des mises en eau artificielles, telles que les arrosages. Il est bon de rappeler que ce moustique est urbain. Non par la convivialité de ses mœurs mais par le cadre géographique de son implantation, en zones agglomérées. Et 80 % de ses « gîtes » de reproduction se trouvent au sein de l’habitat résidentiel, pavillonnaire individuel comme collectif et dense. Ce sont tous récipients et objets creux ou incurvés pouvant en faire office prompts à recueillir de l’eau. La femelle de moustique-tigre pond ses œufs sur la paroi ou le rebord du récipient à sec, sachant qu’il contient ou peut contenir de l’eau. Et c’est l’élévation du niveau d’eau puis son contact avec ces œufs, après une pluie ou un arrosage, donc, qui déclenche le cycle biologique de l’insecte : larves, nymphes puis… adultes volants et piqueurs (ou plutôt piqueuses, car seules les femelles piquent, afin de capter dans le sang de leurs « victimes » les protéines nécessaires à la maturation de leurs œufs). Ces situations sont évitables, par des gestes simples et pratiques : il faut priver le moustique-tigre d’eau ! (voir actu suivante)

Des situations qui pullulent

En effet, la pullulation de ces situations au cœur d’innombrables résidences dans de nombreux quartiers, leur caractère aléatoire dans l’espace et dans le temps et leur diversité (coupelles, jouets d’enfants, pieds de parasols, gobelets, cendriers, collecteurs d’eau pluviale, etc, etc) ne permettent pas de mettre en œuvre une stratégie « larvicide » telle que celle qui s’applique sur les moustiques nuisants issus des zones humides littorales. Et les traitements contre ces moustiques à l’état adulte doivent être réservés à la protection sanitaire, lorsqu’une personne revenue des tropiques avec des symptômes s’apparentant à une des maladies que le moustique-tigre peut transmettre (chikungunya, dengue, Zika…) est encore en période de virémie (on parle de « cas suspect importé »). Ceci afin d’éviter que des moustiques-tigres de sa proximité (150 mètres de déplacement maximum à partir de leur gîte de reproduction) qui la piqueraient à son retour, à son domicile ou sur son lieu de travail, par exemple, puissent transmettre l’un ou l’autre de ces virus, cette-fois-ci sur place, dans un coin de France métropolitaine (on parle alors de « cas autochtone », ce qui jusqu’ici est très rare). 108 traitements dits de « lutte antivectorielle » (LAV) ont ainsi été réalisés en 2018 (dont 92 par l’EID Méditerranée), quasiment tous suite à des cas importés, dans les départements où la présence de ce moustique a été identifiée. Et cela avec succès, la chaîne de transmission ayant été chaque fois empêchée ou interrompue.

Les traitements pour la santé publique

Ces traitements ponctuels sont réalisés nuitamment par nébulisation (dispersion) de produit à base de deltaméthrine, la même substance que celle contenue dans les pulvérisateurs domestiques. Seule homologuée à cette fin, elle ne doit pas être utilisée couramment ou fréquemment, sous peine que le moustique-tigre ciblé développe un mécanisme de résistance. Ce serait évidemment très problématique pour éviter ou stopper un processus éventuel de transmission vectorielle. Ce qui est, pour tout dire, inenvisageable et explique pourquoi ces traitements sont réservés à la protection sanitaire.

www.moustiquetigre.org

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