Actualités

27 Octobre 2016
Opérationnel

Lutte antivectorielle (LAV) - À un rythme soutenu

Au 25 octobre, 210 traitements antivectoriels (LAV) réalisés par l’EID Méditerranée (voir article associé, ci-dessous) étaient comptabilisés, depuis le lancement de la campagne 2016, le 1er mai. Après un pic à 72 en août, le nombre d’opérations est retombé à 30 en septembre (idem qu’en juillet : 32) puis s’est affaissé en octobre (xx). Sur les 17 départements pour lesquels l’EID Méditerranée est conventionnée avec les conseils départementaux de leur ressort, 9 ont enregistré des traitements :

  • l’Hérault est largement en tête, avec 55 traitements, devant les Alpes-Maritimes (39), le Var (37) les Bouches-du-Rhône (35)…
  • „… puis, un peu plus loin, le Gard et la Haute-Garonne (15 et 14)…
  • „… puis le Lot-et-Garonne, les Pyrénées-Orientales et les Pyrénées-Atlantiques (7, 6 et 2).

En hausse mais maîtrisé

Quant au nombre d’enquêtes entomologiques préalables suscitées par les signalements des ARS dans les 17 départements conventionnés avec l’EID-Med, elles s’élèvent à 1 205, avec deux pics : en juin (309) et en août (399). En septembre, on est retombé à 145 et en octobre à… 13. Dans ce registre, c’est le Var qui continue à avoir la palme (277), devant l’Hérault (233), les Bouches-du-Rhône (151) et la Haute-Garonne (142), où il n’y a eu in fine que 14 traitements de LAV. Le tout pour un peu plus de 400 cas suspects importés durant toute l’année, répartis entre les 17 départements sus cités,  5 départements (06, 31, 13, 83, 34) en concentrant entre 50 et 80 chacun. La diapause (hivernation) en cours du moustique va entraîner la cessation de cette activité, jusqu’au printemps prochain.

Variable selon les années

Globalement, ces chiffres sont tributaires du nombre de cas importés, variable selon les années en fonction des situations épidémiques en zones tropicales ou subtropicales, en particulier dans les territoires français d’outre-mer, avec lesquels les échanges sont permanents. Autre facteur susceptible de jouer en faveur de l’augmentation de ces opérations : l’extension du « moustique tigre », vecteur potentiel, sur le territoire métropolitain.

Important : c’est de cas suspects importés qu’il s’agit. Il n’y a eu aucun cas autochtone d’aucune maladie en France métropolitaine cette année. Les traitements antivectoriels de l’EID-Med, maîtrisés et efficaces, ont certainement contribué à éviter toute transmission éventuelle par des « moustiques tigres » locaux.

* Alpes-de-Haute-Provence, Alpes-Maritimes, Var, Vaucluse, Bouches-du-Rhône, Gard, Hérault, Aude, Pyrénées-Orientales, Haute-Garonne, Tarn, Tarn-et-Garonne, Lot, Lot-et-Garonne, Dordogne, Landes, Pyrénées-Atlantiques.

LAV : rappel de la procédure

En appui sur un réseau sanitaire (de médecins hospitaliers et de ville, notamment), les agences régionales de santé (ARS) identifient et recensent toutes personnes présentant des signes symptomatiques ou se sachant atteintes par le chikugunya ou la dengue ou le Zika (maladies à déclaration obligatoire), revenant de pays et régions du monde où ces virus circulent de façon endémique. Les ARS transmettent leur signalement au conseil départemental du territoire concerné, ce niveau de collectivité ayant, de par la loi, la charge de l’organisation et du financement des opérations de lutte antivectorielle (LAV). Et le conseil départemental sollicite son opérateur (service interne ou organisme spécialisé) pour procéder aux enquêtes entomologiques puis, s’il y a lieu, à un ou plusieurs traitements (dans 17 départements du grand sud, pour l’EID Méditerranée).

Sur un espace très limité

L’opérateur prend immédiatement l’attache de la personne virémique pour savoir les lieux qu’elle a fréquentés depuis son arrivée en métropole. Une ou des enquêtes sont alors effectuées sur sites pour déterminer la présence (ou pas) de « moustiques tigres ». Si des « moustiques tigres », vecteurs potentiels de ces virus, sont identifiés, un traitement est programmé, consistant en un épandage nocturne d’un insecticide homologué à cette fin (à base de deltaméthrine), à ultra bas volume, par nébulisation sur la voie publique, s’adressant aux moustiques à l’état adulte, dans un rayon de 150 à 200 mètres du lieu où a séjourné la personne (le « moustique tigre » a des capacités de dispersion très réduites). Le lendemain, des traitements complémentaires au sein d’espaces intradomicilaires extérieurs peuvent être nécessaires. Ces interventions, lorsqu’elles s’imposent, sont exécutées dans un délai moyen de X jours, à partir de la date du signalement.

=> Détail de la procédure et conseils de précaution en cas de traitement, sur : www.moustiquetigre.org/index.php/une-competence-du-cg

Dans la zone de 38 départements où l’EID Méditerranée exerce une surveillance entomologique (les autres secteurs sont couverts par les EID Rhône-Alpes et Atlantique), 75 communes sont nouvellement atteintes par le « moustique tigre », en cette année 2016 :

„ 45 communes supplémentaires dans les départements membres de l’EID-Med (66, 11, 34, 30, 13, 83), soit + 2 dans les Bouches-du-Rhône, où on frise les 100 %, + 1 dans l’Aude (ça progresse très lentement, tant mieux pour les Audois), + 11 dans les Pyrénées-Orientales, + 14 dans le Gard et + 17 dans l’Hérault.

  • + 3 seulement en PACA, Bouches-du-Rhône compris, mais la région est déjà bien « caffie ».
  • + 13 en région Occitanie (hors départements membres de l’EID-Med), issus d’ex-Midi-Pyrénées donc, dont + 9 pour la Haute-Garonne.
  • + 14 en Nouvelle-Aquitaine (dont + 11 pour le Lot-et-Garonne).

Enfin, figurent aussi au palmarès deux nouveaux départements occitans classés en « niveau 1 » par le ministère de la Santé : l’Aveyron et le Gers.