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18 Avril 2017
EID Méditerranée

L’éclectisme du professeur Jean-Antoine Rioux

C’est avec énormément de tristesse que nous avons appris le décès du professeur Jean-Antoine Rioux, le 17 mars. L’ancien président de l’EID-Med, Christian Jean, lui avait confié la présidence du nouveau conseil scientifique de l’établissement, en 1996, et ce jusqu’à 2015. Christian Jean qui rappelait fréquemment que la création de l’EID Méditerranée a été adossée à l’Université. Et le représentant emblématique de celle-ci dans le lancement de l’établissement fut le professeur Jean-Antoine Rioux.

À l’origine de l’eid

Il n’est pas commun qu’un universitaire exerce, en même temps que ses enseignements et sa recherche, la direction d’un organisme opérationnel tel que l’EID. À la vérité, Jean-Antoine Rioux, alors âgé d’un peu moins de 40 ans, ne fut pas le tout premier, puisqu’il succéda à M. Aldighieri dans la fonction de directeur scientifique et technique, en 1962. Ce qui, à l’époque, était l’équivalent de « directeur » tout court, car jusque dans le courant de 1963, il s’est agi du seul niveau de responsabilité identifié à la tête de l’établissement. Il demeura directeur scientifique durant encore deux ans, accompagnant une organisation devenue plus classique, avec un directeur général et un directeur administratif. Le docteur Cousserans lui succéda dans cette même fonction, au milieu des années 1960.

Médecin, enseignant, chercheur

Ce sont la parasitologie et les pathologies exotiques qui ont rapproché le professeur et le docteur, tous deux médecins, dont l’EID fut, durant un demi-siècle, le creuset de leurs échanges savants. Au point qu’ils convergèrent formellement à la tête de son conseil scientifique, renouvelé en 1996, et ce jusqu’en 2015. Né à Naucelles en 1925, Jean-Antoine Rioux a consacré sa vie à l'enseignement et à la recherche. Épidémiologiste de métier et naturaliste de vocation, ainsi qu’il se décrivait souvent, il n'a cessé de développer le concept d'éco-pathologie. Cette approche l'a amené à définir une méthodologie originale, l'éco-épidémiologie, qu'il a appliquée avec succès à l'analyse de nombreux foyers d'infection à transmission vectorielle. Il fut, du milieu des années 1950 jusqu’à sa retraite, en 1994, professeur d’écologie médicale et de pathologie parasitaire à la Faculté de Médecine de Montpellier.

Jardin des plantes

Apprécié par la communauté scientifique pour la qualité et l'originalité de ses travaux, il a été accueilli par de nombreuses académies et sociétés savantes, dont plusieurs l'ont porté à leur présidence. Citons, en particulier, la société française de parasitologie, dont il était président d’honneur, la société française d'écologie, qu’il a présidée, ainsi que la société de protection de la nature du Languedoc Roussillon. Ses compétences en histoire naturelle médicale et ses certifications en botanique l’ont conduit… naturellement à la direction du célèbre Jardin des Plantes de Montpellier, de 1977 à 1993. Il lui a consacré un ouvrage remarquable, à l’occasion du quatrième centenaire de sa création, par Henri IV. La disparition du professeur Jean-Antoine Rioux, homme éclectique et passionné, constitue une perte largement ressentie, à en juger par les nombreux messages de sympathie issus des réseaux et partenaires de l’EID Méditerranée.