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08 Juin 2015
Moustique tigre

Le spectre de la crise

Avec les beaux jours – et le retour du « moustique tigre » Aedes albopictus –, la perspective d’éventuelles « situations de crise » refait également surface. Jusqu’ici, de telles situations ne sont pas intervenues. Mais au cas où surviendraient des cumuls de contraintes et d'activités trés lourds sur tout le territoire d'action, dans des échéances trés brèves et dans tous les domaines de compétence, s’exercer juste avant la saison est utile pour tester une mobilisation exceptionnelle des ressources. Ceci afin d’assurer toutes les missions dont l’EID-Med a la charge. 

Dispositif exceptionnel

Il s’agit de situations exceptionnelles répondant, sur une période donnée, à un nombre si élevé et à une étendue géographique si vaste de contraintes et de sollicitations (traitements insecticides, délivrance d’informations, réponses aux institutions et à la presse) que l’organisation habituelle des services ne saurait y faire face. D’où la nécessité de rassembler tous les acteurs internes concernés dans une unité de lieu, avec une amplitude horaire particulière, afin de répartir les moyens et de coordonner les actions en direct et au fur et à mesure des évolutions, selon des priorités définies en concertation permanente. Le tout avec la meilleure réactivité possible.

Nouvel exercice

Un « plan de gestion de crise » a été conçu l’an dernier, en appui sur un prestataire spécialisé. Pour huiler des mécanismes que le passage de l’hiver a pu rouiller, un nouvel exercice a été organisé dans ce cadre le 19 mai dernier, au siège de l’établissement. C’était le troisième du genre, après deux éditions en 2014. Une manière de tester les dispositifs et de les améliorer. Il s’est agi, bien sûr, d’une simulation qui, même si elle s'est fondée sur des événements fictifs, a entraîné de véritables décisions et de vrais déplacements depuis les agences.

 

Plutôt soft ou plutôt hard ?

Ce sont des épisodes vectoriels nombreux et simultanés sur plusieurs secteurs de la zone d’action cumulés à des épisodes météo favorisant des éclosions synchrones des moustiques « traditionnels », depuis les zones humides littorales, qui font redouter des situations de crise. On peut espérer que la fin de l’épidémie de chikungunya qui a sévi en 2014 dans les Antilles françaises et en Guyane contribuera à abaisser le nombre de cas importés justifiant des traitements de LAV (lutte antivectorielle). Néanmoins, les 11 cas autochtones de chik à Montpellier, l’an dernier, résultaient d’un « cas index » revenant du Cameroun et non des départements français d’Amérique. Par ailleurs, le « moustique  tigre » étend continûment son aire d’installation, augmentant ainsi le champ géographique des transmissions potentielles. Cela dit, le facteur nuisance est tout autant à considérer : même si celui-ci ne peut pas se régler par des traitements classiques, il peut suffire à encombrer le volet préventif et à créer dans certains services et agences des situations de surchauffe, notamment quand les médias se pressent pour des reportages successifs et les institutions pour des interrogations.