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09 Février 2016
Opérationnel

Insecticides - Lueur en perspective ?

Même si la (ou les) solutions(s) concrète(s) n’est pas / ne sont pas encore précisément fléchée(s), afin de résoudre le problème aigu de la paupérisation des insecticides disponibles pour la démoustication, tant en antilarvaire qu’en anti-adultes, en milieu rural comme urbain, pour le contrôle de la nuisance comme pour la lutte antivectorielle, les réunions techniques organisées au ministère de l’Écologie (*), en novembre dernier et en ce début de février, à la demande des ministres de l’Écologie et de la Santé, en réponse aux moult sollicitations d’exécutifs territoriaux et de parlementaires des régions concernées, constituent une nouvelle étape importante dans la démarche entreprise.

Des substances précisément identifiées

Actuellement, la balle est dans le camp de l’ANSES (agence nationale de sécurité sanitaire), qui après deux premières saisines, en 2011 et 2013, a identifié 129 substances actives, réduites dans un second temps à 32 puis à une vingtaine, utilisables pour le contrôle des moustiques nuisibles et vecteurs. S’en sont suivi une hiérarchisation et une classification. Une troisième saisine, intervenue l’été dernier, après les courriers d’élus locaux et nationaux de Méditerranée, a permis d’actualiser les substances initialement identifiées, de lister celles utilisées dans d’autres pays de l’Union européenne pour cet usage et d’en envisager de nouvelles. Des réponses sont venues de onze pays, faisant apparaître que partout en Europe, la gestion de la lutte antivectorielle (LAV) est similaire, les produits identiques et… en nombre très faible.

Implication de tous les acteurs et partenaires

Ce « screening » (passage au crible), s’appuyant sur les réglementations biocide et phytopharmaceutique, est achevé. Désormais, le Ministère propose une stratégie en six points (voir ci-dessous). Trois échanges sont programmés avant l’été : une seconde réunion technique, qui a eu lieu le 2 février, au cours de laquelle ont été exposés les résultats de l’ultime saisine de l’ANSES, puis, fin février, une troisième réunion technique de tous les partenaires institutionnels et opérationnels avec le secteur industriel et, au printemps, une réunion de bilan associant élus territoriaux et nationaux  concernés.

(*) Participants : ministère de l’Écologie (Direction générale de la prévention des risques / DGPR), ministère de la Santé (DGS), ANSES, ADEGE (agence nationale pour la démoustication : EID Méditerranée, EID Rhône-Alpes, CD Martinique, CD Guyane, CD Corse-du-Sud, SIVU du Bas-Rhin), CNEV.

 

Une démarche en 6 points

Les 6 axes concrets de la démarche sont les suivants :

  1. - sur la base des résultats de la saisine de l’ANSES, lancer un programme de travail axé sur les substances actives qui auront été identifiées comme les plus prometteuses, afin d’affiner davantage encore les pistes à privilégier pour établir un projet de mise au point d’un ou de plusieurs insecticides. Le Ministère indique que « les opérateurs de démoustication pourraient porter ce programme ».
  2. - associer suffisamment en amont le secteur industriel à cette démarche.
  3. - investiguer en parallèle différentes solutions de financement existantes.
  4. - associer l’IRD (Institut de recherche pour le développement) à ce programme, pour bénéficier de son expertise et lui conférer davantage de crédibilité.
  5. - intégrer dans ce programme le projet d’autodissémination basé sur l’emploi de pyriproxyfène.
  6. - obtenir, à terme, un ou plusieurs nouveaux insecticides adaptés au contrôle de la nuisance et à la LAV.

Cette échéance peut se voir de deux façons :

  • à moyen / long terme, dans le cadre d’homologations en bonne et due forme, sur la base desquelles pourront être émises des autorisations définitives de mise sur le marché (AMM).
  • à (beaucoup) plus court terme, la possibilité d’utiliser de nouvelles substances dans un cadre intermédiaire, pourvu que des études préalables aient été exécutées (et donc financées) : plusieurs formules ont été évoquées, telles que des dérogations pour 180 jours, des autorisations de mise sur le marché (AMM) « Recherche & Développement » ou des AMM provisoires.