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03 Novembre 2015
Moustique tigre

Autodissémination - Le « tigre » en ligne de mire

La première phase de l’expérimentation de l’autodissémination, en conditions réelles, conduite dans 4 quartiers de Montpellier (2) et de La Grande-Motte (2), a donné des résultats encourageants. Rappelons qu’il s’agit de disposer dans un quartier d’habitat individuel un réseau homogène de pièges artificiels (sous forme de petits pots) dont la surface interne est pourvue de pyriproxyfène, un inhibiteur de croissance. Le pari : les femelles de « mousqtique tigre » (Aedes albopictus), à la recherche de lieux de ponte, sont attirées dans le piège, où elles s’imprègnent du produit sur leur corps, puis le déposent elles-mêmes dans les deux autres gîtes où elles vont pondre leurs œufs (cette espèce répartit ses œufs dans trois gîtes par ponte, en moyenne). Ainsi, l’ensemble des larves de ces gîtes mourront avant d’atteindre le stade adulte. Mais avant de devenir opérationnel, il est encore nécessaire de tester et d'améliorer le dispositif.

Baisse de 50 %

Premier constat, suite au déroulement de l’expérimentation, entre mi-avril et octobre : avec ce dispositif de piégeage, deux femelles « contaminées » suffisent à traiter complètement un gîte commun. Seconde observation : ces pièges doivent être installés à une densité précise, afin d’obtenir une efficacité significative. À la densité de piégeage maximale utilisée, il a été observé jusqu’à 50 % de diminution de la population de « moustiques tigres » dans les quartiers traités. Une efficacité confirmée, en creux, via l’épisode cévenol du 23 août : les intenses précipitations qui se sont abattues sur tous les sites de l’expérimentation ont littéralement lessivé les pièges artificiels, éliminant toute trace de pyriproxyfène et générant une sorte de « réinitialisation » naturelle du milieu. Les relevés postérieurs à ce phénomène climatique ont montré que dans les quartiers où avaient été enregistrées, juste avant les pluies, de fortes diminutions de populations de « moustiques tigres », leur niveau est redevenu identique à celui observé dans les quartiers voisins non traités.

Expérimentation, application

En 2016, l’expérimentation sera reconduite et amplifiée. L’impact de - 50 % est positif mais pas suffisant pour tous les épidermes. Il s’agira, notamment, de tester des dispositifs d’autodissémination améliorés, afin d’augmenter leur rendement (densité de piégeage supérieure, transfert amélioré d’insecticide, attractivité supérieure, etc) et de vérifier qu’une efficacité allant très au-delà d’une baisse de 50 % peut être atteinte et maintenue tout au long de la saison d’activité du « moustique tigre » dans différents quartiers. Il y a donc encore du travail à accomplir, en termes d'expérimentation.   

La lutte intégrée, de toute façon

L’efficacité du dispositif pourra être améliorée par l’interaction de ces pièges avec l’ensemble des outils déployés par l’EID-Med dans le cadre de la lutte intégrée contre le « moustique tigre », en particulier la participation communautaire aux démarches préventives, qui demeurera, en tout état de cause, d’une permanente actualité. Mais pour porter cette technique de l’autodissémination au stade opérationnel, une difficulté consistera à disposer d’un type de piège homologué, avec sa formulation insecticide à base de pyriproxyfène. C’est une question de fabrication et donc d’engagement financier. Aussi, ce point sera inclus dans les prochaines discussions avec les ministères de la Santé et de l’Écologie.